Cinquième adversaire le plus souvent affronté par les Bleus, l’Espagne convoque de nombreux souvenirs. Certains glorieux, d’autres, plus récents, assez douloureux avant la demi-finale de Coupe du monde entre les deux sélections mardi (21 heures).

C’est un affrontement qui a longtemps été amical avant de porter de grands enjeux. Chroniques Bleues, le site de référence sur l’histoire de l’Equipe de France, recense 38 oppositions face à l’Espagne, la première en 1922 (une lourde défaite 4-0), pour un bilan en faveur de la Roja : 13 victoires françaises, 18 côté espagnol, 7 nuls. Au-delà des chiffres, il y a les souvenirs. Et deux périodes bien distinctes.

Jusque-là jamais placées sur la route l’une de l’autre en compétition officielle, la France et l’Espagne se disputent un premier match à enjeu en… 1984. Une finale d’Euro que les Bleus abordent en favoris face à un adversaire surprise, qualifié pour l’épreuve grâce à une drôle de victoire 12-1 face à Malte lors de la dernière journée (il lui fallait l’emporter avec onze buts d’écart), sauvé par une réalisation à l’orée des arrêts de jeu contre la Rfa en poule et tombeur du Danemark aux tirs aux buts en demie. Michel Platini, d’un coup franc cafouillé par Luis Arconada, lance la France vers son premier grand titre, validé par Bruno Bellone (2-0).

Plus récemment, la demi-finale de l’Euro 2024 est le premier vrai point de repère. Neuf joueurs français étaient à nouveau titulaires deux ans plus tard contre le Sénégal et, si l’Espagne a (légèrement) plus renouvelé son onze, elle a gardé son 4-2-3-1 avec Dani Olmo en meneur. Avec moins de verticalité, la blessure de Nico Williams entraînant la titularisation d’un Alex Baena aux passes plus incisives et aux courses moins explosives, mais toujours dans l’idée de dicter le tempo pour ne pas devoir défendre sans ballon.

Ce mélange de puissance et de fragilité a été le thème du dernier affrontement, en juin 2025. Une incroyable demi-finale de la Ligue des nations où l’Espagne, en tête 4-0 puis 5-1, s’en est sortie avec un succès 5-4. Didier Deschamps avait alors entamé la mue d’une équipe alignée en 4-2-3-1 avec Michael Olise en meneur et, à l’exception des quatre défenseurs, le reste de l’équipe était le même que contre le Maroc. L’exécution, en revanche, était loin de la maîtrise affichée cet été. Faute de pressing efficace, les Bleus avaient subi, la défense multipliant les erreurs individuelles contre un adversaire en totale réussite.

Privée de son régulateur Rodri, l’Espagne avait accepté de perdre en contrôle ce qu’elle gagnait en tranchant. Ce match lui prouve la viabilité de la méthode mais, vu la différence de forme entre ses attaquants et l’armada tricolore un an plus tard, il est sans doute plus un souvenir qui donne de la confiance qu’un terrain sur lequel construire.

L’equipe