C’est un monument du football français qui s’apprête à tirer sa révérence. Demain soir à Miami, Didier Deschamps dirigera son 185e et ultime match à la tête de l’Equipe de France, lors de la petite finale du Mondial face à l’Angleterre. Une confrontation de prestige pour le bronze qui, au-delà de la rivalité historique, sonne comme la fin d’un cycle de quatorze ans riche en émotions. Dans les coulisses, l’ombre du grandissime favori plane déjà : Zinédine Zidane attend son intronisation imminente pour ouvrir un nouveau chapitre de la légende tricolore.
Le décorum de la petite finale d’une Coupe du monde a parfois un goût de mélancolie, mais l’affiche programmée ce samedi au Stade de Miami s’annonce chargée d’histoire. Eliminés aux portes de la finale par une implacable Equipe d’Espagne (0-2), les Bleus croisent le fer avec leur rivale de toujours, l’Angleterre, pour s’emparer de la troisième place mondiale. Au-delà de la simple médaille de bronze, ce «Crunch» revêt une dimension émotionnelle incomparable : il marque la fin du long et glorieux règne de Didier Deschamps.
Après quatorze années passées sur le banc de touche, le technicien tricolore s’apprête à vivre sa 185e et dernière rencontre officielle. Arrivé en 2012, «DD» aura transformé les Bleus en une machine à gagner, glanant au passage une Coupe du monde (2018), une Ligue des nations (2021), et atteignant deux autres finales majeures (Euro 2016, Mondial 2022).
L’usure du pouvoir et le désir de clore ce chapitre de manière nette avaient déjà conduit le sélectionneur de 56 ans à officialiser son départ au terme de ce tournoi nord-américain. Contre l’Angleterre, l’objectif sera d’éviter la sortie sur un sentiment d’inachevé et de léguer à la postérité une équipe médaillée et debout.
L’ombre blanche de Zinédine Zidane
Alors que Deschamps prépare sa révérence sur la pelouse de Floride, le nom de son successeur ne fait plus aucun doute dans les travées de la Fédération française de football. Sauf retournement de situation de dernière minute, Zinédine Zidane a conclu un accord de principe pour reprendre les rênes de la sélection immédiatement après la fin de la compétition.
Libre de tout contrat et ayant refusé toutes les propositions de clubs ces derniers mois dans l’attente de ce moment précis, l’ancien génie des Bleus et entraîneur à succès du Real Madrid s’apprête à réaliser son vieux rêve. L’intronisation de «Zizou» suscite déjà une immense ferveur populaire, marquant le début d’une nouvelle ère pleine de promesses pour la génération Mbappé.
Sauver l’honneur face au meilleur ennemi
Sur le rectangle vert, ce match pour la troisième place reste un combat de géants vexés. Si aucun des deux camps ne rêvait d’être là, la rivalité séculaire entre la France et les Three Lions interdira le moindre relâchement. Les Anglais, également abattus après leur élimination face à l’Argentine (1-2), chercheront à bousculer l’arrière-garde tricolore.
Pour les cadres de l’Equipe de France, offrir une dernière victoire à leur mentor sera le fil conducteur de cette soirée miamienne. Didier Deschamps mérite une sortie par la grande porte, avant de confier les clés de la Maison bleue à son ancien partenaire de 1998.
