Le volume des crédits octroyés par les Institutions de microfinance (Imf), au cours du premier trimestre 2026, a diminué de 13, 5% pour s’établir à 227, 2 milliards de francs Cfa, selon la dernière Note sur la situation de la microfinance au Sénégal de la Direction de la réglementation et de la supervision des Système financiers décentralisés (Drs/Sfd).
Par Dialigué FAYE – Une régression des crédits accordés par les institutions de microfinance. Au premier trimestre 2026, «le montant des crédits octroyés a enregistré une baisse de 13, 5% par rapport au trimestre précédent, pour s’établir à 227, 2 milliards de francs Cfa», a relevé la Direction de la réglementation et de la supervision des Système financiers décentralisés à travers sa dernière Note sur la situation de la microfinance au Sénégal. Cette situation résulte, d’après la Drs/Sfd, «de la diminution des financements octroyés aussi bien aux personnes physiques, estimée à 13%, qu’aux personnes morales, de 15, 4%. Selon la forme juridique, les financements accordés par les institutions mutualistes non affiliées ont baissé de 24, 2 %, de même que pour les sociétés anonymes, 7, 1%. En variation annuelle, la production de crédit a augmenté de 9, 1%, soit un surplus de 18, 9 milliards de francs Cfa».
S’agissant de l’encours de crédits auprès des membres ou clients, il «s’est établi à 878, 5 milliards de francs Cfa au premier trimestre 2026, soit une hausse de 3, 4% par rapport au trimestre précédent. Cette évolution s’explique par une hausse simultanée des financements détenus par les hommes de 2, 3 %, les femmes, 4, 3%, et les personnes morales, 5, 3%, par rapport au trimestre précédent. Sur une base annuelle, l’encours de crédit des Imf a connu une croissance de 10, 8%, correspondant à un montant de 85, 8 milliards francs Cfa».
L’encours des crédits sains, précise la Drs, «est ressorti à 816, 0 milliards de francs Cfa, soit une croissance de 2, 2% par rapport au trimestre précédent. Cette situation découle de la progression des crédits sains à long terme évaluée à 14, 2%, tandis que ceux à court terme et à moyen terme ont enregistré respectivement une baisse de 3% et 0, 2%. Sur le plan macroéconomique, le taux de financement de l’économie par les Imf est ressorti à 5% au premier trimestre 2026. L’encours de crédit correspondant représente 12% des crédits à l’économie, soit une progression de 0, 9 point de pourcentage sur la période».
Dégradation de la qualité du portefeuille de crédits
Relativement à l’encours des crédits en souffrance, au premier trimestre 2026, il «s’est établi à 62, 4 milliards de francs Cfa, enregistrant une hausse de 22, 2% par rapport au trimestre précédent et une baisse de 6, 1% un an auparavant». Une dégradation de la qualité du portefeuille de crédits imputable à la hausse des crédits en souffrance observée au niveau des créanciers hommes, femmes et des personnes morales représentant respectivement 23, 7%, 22% et 18, 1%, soit des taux de souffrance respectifs de 7, 6%, 6, 1% et 6, 6%, selon la Drs/Sfd. Ainsi, note-t-elle, «le taux des créances en souffrance s’est dégradé de 1, 1 point de pourcentage pour s’établir à 7, 1%, se situant largement au-dessus de la norme réglementaire de 3%».
202, 8 milliards empruntés par les Imf
Les emprunts des Imf, quant à eux, se sont améliorés. Ils s’établissent à «202, 8 milliards de francs Cfa au premier trimestre 2026, contre 198, 2 milliards de francs Cfa au trimestre précédent, soit une hausse de 2, 3%. Cette situation découle essentiellement d’une progression des emprunts à terme de 2, 3%. La dynamique des emprunts observée est principalement soutenue par les institutions mutualistes affiliées, enregistrant 8, 9% de hausse.
A l’inverse, les institutions mutualistes non affiliées et les sociétés anonymes enregistrent respectivement des contractions de 7, 2% et 2, 4% de leurs emprunts, traduisant une évolution contrastée selon les catégories d’Imf. Comparativement à la même période de l’année 2025, les financements reçus par les Imf ont progressé de 19, 3%, soit une augmentation de 32, 9 milliards de francs Cfa».
Hausse de 1% des dépôts
«L’encours des dépôts, au premier trimestre 2026, a connu une hausse de 1, 0% par rapport au trimestre précédent en se situant à 640, 8 milliards de francs Cfa. Cette évolution est consécutive à la progression simultanée de 2, 8% des dépôts à vue et de 1, 9% des autres dépôts, contrairement aux dépôts à terme qui enregistrent un repli de 1, 7% par rapport au trimestre précèdent. Sur une base annuelle, les dépôts ont augmenté de 50, 4 milliards de francs Cfa, soit une croissance de 8, 5% sur la période.
Les dépôts des hommes et des femmes, qui représentent respectivement 52% et 26% de l’encours total, ont évolué de manière contrastée. En effet, les dépôts collectés auprès des hommes ont enregistré une progression de 1, 3 %, tandis que ceux des femmes ont reculé de 7, 3%, pour s’établir respectivement à 331, 6 milliards de francs Cfa et 167, 9 milliards de francs Cfa. Quant aux personnes morales qui concentrent 22% de l’encours total, leurs dépôts ont enregistré une hausse de 12, 1% par rapport au trimestre précédent pour ressortir à 141, 1 milliards de francs Cfa.
Sur le plan macroéconomique, l’encours total des dépôts, au 1er trimestre 2026, correspond à 3, 7% du Pib et à 7, 2% des dépôts bancaires, après des taux respectifs de 3, 8% et 7, 1% au trimestre précédent. S’agissant des dépôts à vue, leur part sur le Pib à 1, 8% est restée constante. Quant aux dépôts à terme, ils représentent 1, 3% du Pib, soit une baisse de 0, 2 point de pourcentage sur la période.»
Progression des fonds propres
Les fonds propres des Imf sont passés de 230, 6 milliards de francs Cfa au 4e trimestre 2025 à 257, 8 milliards de francs Cfa au 1er trimestre 2026, soit une hausse de 11, 8%. Cette situation, explique la Drs, «est imputable à une progression simultanée des fonds propres détenus par les institutions mutualistes affiliées évaluée à 17, 8%, les sociétés anonymes, 0, 2%, et les institutions mutualistes non affiliées, 2, 7%. En variation annuelle, les fonds propres des Imf se sont accrus de 21, 5%, traduisant une augmentation de 45, 6 milliards de francs Cfa sur la période considérée».
dialigue@lequotidien.sn

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