En instaurant deux pauses fraîcheur par match lors de cette Coupe du monde, la Fifa s’est mis une partie de l’opinion à dos.

La fameuse «américanisation du football». En instaurant des pauses fraîcheur à la moitié de chaque mi-temps des matchs de cette Coupe du monde 2026 (22e et 67e minutes en général), la Fifa a braqué une partie de l’opinion. Officiellement, l’instance du football mondial justifie la mise en place de ces «hydration breaks» par la volonté de permettre aux joueurs de s’hydrater, officieusement, elles offrent surtout quelques minutes d’exposition publicitaire en plus.

Un premier couac s’était produit lors du match d’ouverture entre le Mexique et l’Afrique du Sud (2-0), quand l’arbitre brésilien Wilton Sampaio avait ordonné aux Bafana Bafana de temporiser avant de reprendre le jeu… car le diffuseur Fox n’en avait pas terminé avec sa page de publicité aux Etats-Unis.

Mais ce qui dérange le plus depuis le début de la compétition, c’est surtout la cassure du rythme et de la dynamique du jeu, provoquée par ces pauses.

Plus de la moitié des pauses fraîcheur aurait eu un impact sur la dynamique du match

Joueurs, sélectionneurs… ils sont nombreux à avoir contesté cette nouveauté après en avoir fait l’expérience. «Jouer quatre périodes au lieu de deux altère la conception même du football. On n’a pas pensé aux conséquences que cela peut avoir sur ce sport, mais plutôt à un autre type de répercussion», a déclaré, ce samedi, le sélectionneur de l’Uruguay Marcelo Bielsa, sans nommer explicitement les bénéfices générés grâce aux publicités. Pour l’ancien entraîneur de l’OM, ces interruptions «n’apportent rien et enlèvent beaucoup» au football.

«J’ai regardé presque tous les matchs et je n’aime vraiment pas les pauses fraîcheur. Pour les gens qui regardent la télé, ce n’est pas génial non plus. Il faut les prendre s’il fait vraiment très chaud», considère le défenseur néerlandais Virgil van Dijk.

Surtout, on réalise à quel point elles impactent le jeu. D’après El Pais, qui s’appuie sur des données de la société Driblab, 78% des pauses fraîcheur du Mondial ont eu un impact sur la dynamique des rencontres. 24 arrêts auraient entraîné un changement de dynamique, tandis que 20 autres auraient fait perdre le contrôle du match à l’équipe qui avait un temps fort avant l’interruption.

On pense forcément au match France-Sénégal, où les Bleus étaient cette fois du bon côté. En souffrance en début de rencontre, les hommes de Didier Deschamps ont ensuite pu s’offrir un bol d’air frais, comme l’avouait William Saliba ce samedi en conférence de presse : «En première mi-temps, ça nous a fait du bien vu qu’on n’était pas très bons. Ça nous a permis de casser le match. Mais je suis d’accord avec certains joueurs. Deux pauses qui sont assez longues, ça coupe le match.»

Son coéquipier en club, Bukayo Saka, avait lui estimé que ces pauses «pouvaient être utiles». Encore faut-il être du bon côté…

Avec Footmercato