Après une semaine d’immersion dans plusieurs zones d’intervention au Sénégal, la Fao a dressé un bilan encourageant des projets mis en œuvre en faveur des femmes rurales. Entre agriculture climato-intelligente, création d’emplois verts, autonomisation économique et défis persistants liés à l’accès à la terre et au financement, la Coordonnatrice sous-régionale de la Fao pour l’Afrique de l’Ouest, Bintia Stephen-Tchicaya, réaffirme l’engagement de l’organisation à accompagner les femmes et les jeunes vers une souveraineté alimentaire durable.
Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY (envoyé spécial) – Au terme d’une semaine de mission à travers plusieurs zones d’intervention au Sénégal, la Coordonnatrice sous-régionale de la Fao pour l’Afrique de l’Ouest, Bintia Stephen-Tchicaya, a dressé un bilan largement positif des initiatives déployées en faveur des femmes rurales.
Organisée dans le cadre de l’Année internationale de la femme agricultrice 2026, cette tournée a permis de mesurer les résultats des projets financés avec l’appui de partenaires tels que l’Union européenne, le gouvernement du Canada, le Québec, l’Irlande et l’Agence de la Grande muraille verte.
Au fil des visites, la délégation a découvert des périmètres maraîchers, des mangroves, des unités de transformation et des Champs écoles paysans, où les femmes ont présenté les résultats concrets de leur travail. Pour Bintia Stephen-Tchicaya, les progrès observés témoignent de l’efficacité des approches développées par la Fao. «Nous sommes très satisfaits de ce que nous avons vu sur le terrain. Les femmes se sont approprié les bonnes pratiques que nous leur avons transmises, et certaines sont même devenues des formatrices au sein de leurs communautés», a-t-elle déclaré.
Selon la responsable de la Fao, les bénéficiaires interviennent désormais sur toute la chaîne de valeur, de la production à la transformation, puis à la commercialisation des produits agricoles. Une dynamique qui attire de plus en plus de femmes et de jeunes désireux de rejoindre ces initiatives.
Les techniques d’agriculture climato-intelligente et d’agriculture de précision ont permis d’améliorer les rendements tout en favorisant la création d’emplois verts. Dans plusieurs zones, des femmes se sont spécialisées dans la production de semences et les activités de pépinières, générant ainsi de nouveaux revenus.
Interrogée sur le site qui l’a le plus marquée, Bintia Stephen-Tchicaya a refusé de faire un choix, estimant que chaque communauté visitée possède ses propres atouts. Elle s’est notamment dit impressionnée par les rendements obtenus en agriculture biologique et par le dynamisme des femmes, qu’elle considère comme de véritables actrices de la transformation des systèmes agroalimentaires.
La Coordonnatrice sous-régionale de la Fao a également rendu un vibrant hommage aux femmes rencontrées durant cette mission. «Ce sont des femmes qui travaillent énormément. Elles méritent d’être davantage valorisées. Je compte sur vous, les journalistes, pour mettre en lumière leurs réalisations à travers vos médias», a-t-elle lancé.
Si les résultats sont encourageants, plusieurs défis demeurent. Les femmes ont insisté sur les difficultés d’accès à la terre, le besoin d’étendre les périmètres agricoles, les difficultés d’accès au financement ainsi que le manque d’équipements adaptés. La Fao assure avoir pris en compte ces préoccupations et entend poursuivre la mobilisation de ressources afin d’accompagner davantage ces groupements.
L’organisation prévoit déjà d’étendre ces expériences à d’autres régions du Sénégal, notamment dans le cadre des projets liés à la Grande muraille verte et au Fonds vert pour le climat, afin de promouvoir l’agroforesterie, de renforcer les chaînes de valeur des produits forestiers non ligneux et de consolider la résilience des communautés rurales.
Enfin, Bintia Stephen-Tchicaya a rappelé que toutes ces actions s’inscrivent dans la Vision Sénégal 2050, qui place la souveraineté alimentaire au cœur des priorités nationales. «Lorsque nous investissons dans une femme, nous investissons dans toute une famille et dans toute une communauté», a-t-elle souligné.
Après une semaine d’immersion au plus près des réalités du monde rural sénégalais, une conviction se dégage : les femmes sont aujourd’hui des actrices incontournables de la transformation agricole. Les résultats observés sur le terrain confortent la Fao dans son engagement à poursuivre son accompagnement afin de faire de ces initiatives des leviers durables de résilience, de création de richesses et de souveraineté alimentaire pour le Sénégal.
latifmansaray@lequotidien.sn

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