Je me suis toujours intéressée à la vie politique : ses surprises, ses aventures humaines, ses joies les soirs de victoire et ses désillusions les lendemains de défaite. L’occasion m’a ainsi été donnée de jouer un rôle de premier plan dans la vie politique sénégalaise entre 2022 et 2024. J’ai notamment occupé le poste de mandataire nationale de la Coalition Les Ser­viteurs/Mpr lors des élections législatives de juillet 2022. A la Présidentielle de mars 2024, j’ai accompagné le député Pape Djibril Fall et j’ai également été la mandataire nationale de la coalition qui portait sa candidature. Pour ces deux scrutins, j’étais aussi chargée du pilotage des opérations de parrainage. Aujourd’hui, je suis membre fondatrice du réseau des alumni de l’Académie libérale de formation politique et membre de l’Académie internationale libérale basée à Gummersbach en Allemagne. Cependant, ce parcours a connu un hiatus. Les élections législatives de novembre 2024 et la bérézina électorale de l’opposition qui s’en est suivie avaient fini par me donner un sentiment d’impuissance quant à notre capacité à contrecarrer l’influence grandissante de la mouvance populiste. Quelque chose en moi était ébranlé et j’en ai gardé une réelle amertume. Instinctive­ment, j’ai suivi la maxime qui nous préconise de mettre pied à terre dès lors que notre cheval est mort. «On ne peut rien juger sans quelque recul», dit-on souvent.

Cette période d’observation, courte mais nécessaire, m’a permis de comprendre que la société sénégalaise, secouée jusque dans ses tréfonds par les événements de 2021-2023, a besoin de rupture. Mais cette rupture doit se faire dans une certaine continuité si l’on veut nous éviter la violence et le chaos, devenus l’essence du parti au pouvoir. Il est primordial, avec le parti populiste au pouvoir, de refuser toute forme de compromission et d’ériger un vrai et sincère cordon sanitaire. Il génère du chaos insurrectionnel, fragilise nos principes démocratiques et saborde notre économie.

Face à l’incompétence technique doublée de la menace du chaos, j’ai fait le choix en conscience de rejoindre l’Alliance pour la République.

Ce choix d’accompagner le Président Macky Sall m’apparaît aussi évident que porteur d’espoir.

Evident, d’abord, pour con­tri­buer à réenchanter la Répu­blique face à l’hostilité du pouvoir vis-à-vis de l’Etat de Droit. Les campagnes de décrédibilisation de la justice, l’éventualité de «mettre au pas» le Conseil constitutionnel en modifiant sa composition ou en le supprimant, ainsi que les entraves répétées au travail législatif (avec la dissolution et les menaces de censure) l’attestent. A cela s’ajoute un bavardage permanent qui a fini par l’emporter sur le travail de fond que les Sénégalaises et les Sénégalais attendent d’eux.

L’autre raison relève de l’espoir. Le bilan du Président Macky Sall est élogieux à bien des égards. Grâce à sa stature d’homme d’Etat, à la fois prospectif et pragmatique, il a transformé le visage du Sénégal. J’en veux pour preuve son bilan matériel (Ter, Brt, universités, bourses de sécurité sociale, Couverture maladie universelle), mais aussi son bilan immatériel qui s’est traduit par un véritable soft power sur la scène internationale. Il est l’artisan de l’intégration de l’Afrique au sommet du G20 ; ses présidences de l’Union africaine et de la Cedeao avaient fait du Sénégal un grand pays, respecté à l’étranger dont la voix était attendue et entendue. Il a su déployer un soft power attirant et convaincant en projetant une image positive du pays, une image jugée crédible. Le communiqué des Nations unies attestant de la sortie prochaine du Sénégal de la catégorie des Pays les moins avancés (Pma) ne laisse aucune place au doute. Par ailleurs, l’érection à Diamniadio du siège des Nations unies est à mettre à son crédit. Grâce à ses efforts politiquement coûteux mais nécessaires, le Sénégal peut de nouveau jouer sa carte dans le multilatéralisme.

Une dernière raison -peut-être la plus personnelle- est que je suis convaincue de notre coresponsabilité dans la politique de nos gouvernements. Se borner à la critique ne suffit pas. Je souhaite exercer ma responsabilité citoyenne de contribuer à la construction de notre destin politique. Je suis venue à l’Apr afin de participer à l’élaboration d’un projet alternatif qui puisse répondre aux aspirations des Sénégalais. Parce que les citoyens ne sont pas des masses anonymes, faire la politique revient à cultiver l’effort afin de faire du Sénégal une Nation prospère.

Je souhaite consacrer mes forces à la défense de la République, de l’Etat de Droit, de la démocratie, des droits humains -notamment ceux des femmes et des filles. L’Alliance pour la République, force motrice de l’opposition, est aujourd’hui le plus puissant appareil de la reconquête républicaine, démocratique et sociale.

Penda DIENG