Le champion de l’écurie «Tay Singher», Eumeu Sène, a rompu le silence dans lequel l’avait plongé sa défaite contre Ada Fass de «Benno». Dans un entretien avec la chaîne de Gaston Production, organisatrice du combat, l’ancien «Roi des Arènes» confie ne toujours pas comprendre comment il a perdu ce combat. Félicitant son adversaire, il écarte toute idée de prendre sa retraite.
Recueillis par Amadou MBODJI – Avec le recul, comment analysez-vous votre défaite contre Ada Fass, dimanche dernier à l’Arène nationale ?
C’est la lutte qui est ainsi faite. Peut-être que ce n’était pas mon jour. C’était peut-être un jour sans pour moi. Je prie néanmoins que cette victoire porte chance à Ada Fass et que Dieu fasse que sa prochaine sortie soit un succès. Bien évidemment, s’il croise un lutteur qui n’est pas de Pikine.
Je profite de l’occasion pour témoigner ma reconnaissance aux lutteurs de Pikine, comme Prince qui s’est beaucoup impliqué pour m’apporter son appui lors de ce combat. J’ai tout vu. Je l’en remercie, ainsi que les autres lutteurs. Je demande à tous les habitants de Pikine de faire bloc autour de Prince pour le pousser à la victoire (le 14 juin conte Lac 2). C’est l’un des combats que Pikine doit disputer. La population de Pikine a besoin de cette victoire, ainsi que de celle des autres lutteurs qui défendent les couleurs de la localité. Je prie que leurs sorties soient toutes couronnées de succès.
Vous semblez être surpris par la tournure des événements ?
Je ne sais pas comment j’ai été battu par Ada Fass. Je ne sais vraiment pas. Je ne sais vraiment pas dans quelles circonstances cette défaite est intervenue. J’étais surpris et dépassé par ce qui venait de se produire. Je ne savais pas s’il m’avait bousculé ou plaqué. Je n’ai rien compris. J’ai essayé de revoir le combat. J’ai vu que mes supporters étaient effondrés. Certains étaient en larmes, d’autres étaient saisis par une très grosse déception.
Quand est-ce que vous avez fini par être édifié de la manière dont vous êtes tombé ?
Dans la voiture, j’ai demandé à ce que l’on me donne mon téléphone pour que je revoie le combat, afin de me faire une idée exacte de ce qui m’était arrivé. Je tenais vraiment à comprendre comment la chute est intervenue. C’est ainsi que je me suis rendu compte que mon adversaire m’a bloqué le pied avant de me projeter à terre. Après la chute, je riais, tellement ce qui venait de se passer m’avait surpris.
C’est comme si vous dites que vous aviez été atteint mystiquement ?
Je ne dirais pas que j’ai été mystiquement. Je ne souhaite pas trop en parler. Après ma chute, j’ai rendu grâce à Dieu, j’ai dis Alhamdoulilah ! C’est Dieu qui me donnait des victoires, aujourd’hui qu’il en décide autrement, je ne fais que me plier à sa volonté.
Que répondez-vous à ceux qui vous accusent d’avoir «vendu» votre combat ? Ces derniers estiment que vous n’avez rien montré ce jour-là, alors que lors de vos précédentes sorties, il était facile de vous voir faire un tour chez le médecin, «Ardo», après avoir tout donné ?
C’est vrai qu’il y a eu beaucoup de critiques qui me sont tombées dessus. Certains disent que j’ai livré un combat arrangé. Ceux qui le disent ont tout faux. De vrais Pikinois ne diraient jamais cela. J’ai toujours défendu Pikine au prix de mon sang, à mes risques et périls. J’ai toujours fait la fierté de Pikine en hissant très haut ses couleurs, en devenant «Roi des Arènes», meilleur lutteur et champion d’Afrique. C’est mal me connaître que de me taxer d’être un lutteur qui est dans les combats arrangés. J’ai grandi sous l’ombre de grands champions comme Balla Bèye 1 et tant d’autres. Je suis une personne digne, et mes avocats et les gens de l’Onu peuvent en témoigner. J’ai décliné une proposition mirobolante autour d’une publicité de l’Onu qui m’aurait permis de gagner beaucoup d’argent. Si j’avais accepté de faire cette publicité, j’aurais gagné cette manne financière qui m’aurait permis d’investir dans un autre domaine et de quitter la lutte. Mais j’ai décliné l’offre du fait de mes convictions religieuses.
Comment appréhendez-vous la suite de votre carrière ?
On me reproche de ne plus loger à Pikine, mais cela ne m’empêche de rester pikinois. N’est-ce pas Modou Lô habite au Lac Rose ? Où habite Balla Gaye 2 ? Un champion a perdu sa couronne, mais cela n’empêche pas les gens de sa localité de lui réserver un accueil très chaleureux. Je suis un produit des vrais anciens champions de la lutte. Je n’ai que la lutte comme métier. Pour ce qui est de mon avenir, sachez que j’ai repris mes entraînements en faisant focus sur la suite de ma carrière.
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