Directeur du centre de formation Génération Foot, Bassouaré Diaby estime que le Sénégal doit imposer son statut contre le Mali, en quart de finale de la Can, demain au Grand Stade de Tanger. Pour le technicien sénégalais, qui estime que le Mali reste un adversaire solide défensivement, les Lions ont suffisamment d’éléments pour continuer l’aventure et aller au bout de cette compétition.

Comment avez-vous trouvé cette équipe du Mali ?

En m’appuyant sur les statistiques glanées jusque-là, on peut dire que le Mali de cette édition est une formation solide défensivement. Les Maliens ont une structure compacte difficile à déborder. On peut aussi s’arrêter sur le gardien malien (Djigui Diarra), qui est en train de réaliser une excellente Coupe d’Afrique des nations. L’une des forces de cette équipe réside également en son milieu de terrain de qualité (Yves Bissouma, Amadou Aïdara, Mo­hamed Camara, Aliou Dieng).

La nouveauté du Mali est sans doute le mental qu’il dégage. Ils arrivent à se montrer costauds durant les moments difficiles de la rencontre. On peut aussi noter le fait qu’ils se montrent dangereux sur les Cpa (Coups de pied arrêtés).

Mais, le Mali doit tout de même s’améliorer dans certains secteurs, s’ils veulent aller loin dans la compétition. Les phases offensives du Mali n’arrivent pas au bout. On ne peut pas bâtir tout autour de la solidité et de l’organisation défensives. Beaucoup d’occasions sont vendangées.

Comment sortir du piège malien ?

Je ne pense pas qu’il y ait un piège. Le Sénégal et le Mali se connaissent très bien. Toute l’Afrique rêve d’avoir la qualité des joueurs du Sénégal. Nous sommes favoris, il ne faut pas le crier sur les toits ; il faut le penser et le transformer en actes. Mais, on doit les prendre au sérieux, notre rang doit être exprimé sur le terrain. Battre le Sénégal est un objectif majeur pour toutes les équipes. Ceci est davantage vrai pour le Mali dans le contexte de la rencontre (derby).

Quelle stratégie à mettre en place face au Mali ?

Nous avons confiance au staff pour prendre les meilleures décisions pour le plan du match. Il doit exister plusieurs stratégies possibles pour cette rencontre de quart de finale de la Can. Le Mali a joué quatre matchs, sans en gagner un seul. Je ne pense pas qu’il puisse continuer à avancer sans jamais gagner. Après les 120 minutes de la prolongation en huitième de finale, les Maliens manqueront de fraîcheur physique. Pour éviter que le bloc malien soit compact, le Sénégal doit les faire courir par une bonne maîtrise, des dédoublements de passes. On doit profiter de leur inefficacité devant les buts pour les faire douter. Je pense que les joueurs de couloirs (Sadio Mané, Ismaïla Sarr, Ibrahim Mbaye, Cheikh Sabaly) peuvent être efficaces face à la compacité du bloc malien. On peut aussi désorganiser le milieu de terrain malien (Bissouma-Dieng- Aïdara). Pour ce quart de finale, nous devons plus compter sur nos propres forces. Des cadres expérimentés en pleine forme, des jeunes joueurs de qualité, une profondeur de banc.

Est-ce que le Sénégal a des atouts pour aller au bout de cette compétition ?

Oui, le Sénégal peut aller au bout de cette compétition. Avant le début de la compétition, je me posais la question sur l’état de forme de nos cadres. Aujourd’hui, l’une des grandes satisfactions pour le Sénégal est la bonne production des cadres (Sadio, Mendy, Koulibaly, Gana). Ils sont en train de faire taire les détracteurs. Nous avons besoin de leur expérience pour débrider des équations. Il y a aussi l’existence pour le Sénégal, d’une profondeur de banc de luxe. Avec une fusion entre cadres et jeunes talentueux. Le Sénégal doit aller au bout de cette compétition.

Comment trouvez-vous le niveau du jeu de la Can 2025 ?

Le niveau du jeu de cette édition me semble se rapprocher des standards internationaux, à tous points de vue. On y trouve tout ce qui se fait avec les meilleures nations. Une bonne maîtrise technique, une variété de possibilités tactiques, une excellente organisation défensive, une intensité élevée dans le jeu, le pressing ou le contre pressing. On peut citer des pays qui ont montré, pour le moment, un beau visage. Il y a l’Algérie, le Sénégal, le Nigeria, l’Egypte, la Côte d’Ivoire, le Maroc. Aujourd’hui, nos meilleures équipes africaines n’ont rien à envier aux grandes nations du football. Organisation défensive, compacité, intensité, flexibilité tactique, transitions rapides. Au niveau de l’organisation, le Maroc est en train de battre tous les records en mettant une logistique et des infrastructures modernes en nombre suffisant. On doit faire des efforts dans le domaine sensible de l’arbitrage. C’est une urgence pour que tous les pans du football progressent ensemble.

Quelle est l’équipe qui vous le plus impressionné dans cette compétition ?

Plusieurs équipes m’ont laissé une bonne impression. Il y a le Sénégal, l’Algérie, le Nigeria, le Maroc, mais aussi l’Egypte.

Une lecture sur les affiches des Quarts ?

Je pense qu’on aura des quarts de finale explosifs. On peut même s’attendre à des surprises, car les équipes se tiennent de très près.