Directeur exécutif de la Ligue de football professionnel, Amsatou Fall estime que les Lions devront avoir un mental de gagneur lors du match contre le Mali, ce vendredi, en quart de finale de la Can 2025.
Par Woury DIALLO (Envoyé spécial à Tanger) – Comment avez vous apprécié le niveau de la présente édition de la Coupe d’Afrique des nations, alors qu’on termine les huitièmes de finale ?
«C’est un niveau extrêmement élevé. En tous cas, pour moi, du point de vue d’abord de l’organisation, mais aussi de la qualité des équipes qui sont présentes. Vous avez vu que, après les tours préliminaires, tous les favoris s’en sont finalement sortis. Même s’il y a eu dans les derniers matchs des préliminaires, certains où les non-favoris ont montré beaucoup de choses. Il n’y a pas eu de surprises particulières par rapport aux différentes poules.
Qu’est-ce qui explique cela, selon vous ?
Cela s’explique par le fait que les favoris se sont améliorés au plan du jeu, au plan de leur standing. Il n’y a pas un grand favori dans une poule qui n’a pas fait les huitièmes de finale, malgré qu’il y ait eu des matchs extrêmement importants durant la phase de poules. Vous prenez l’exemple du Mali qui n’était pas le favori principal, mais qui a tenu tête à l’équipe organisatrice. Le Soudan a aussi montré de très bonnes choses contre le Sénégal. Même ceux qui ne sont pas des favoris se sont améliorés dans le jeu. Maintenant, tous les favoris sont sortis de leur poule, mais ils ont sué pour y arriver. Ils ont élevé leur niveau de jeu. Ce n’est pas parce qu’on est favori, qu’on vient se promener. Cela veut dire que c’est une compétition d’un niveau très élevé.
Alors comment avez-vous trouvé l’Equipe du Sénégal ?
C’était l’un des favoris dans sa poule. En termes de jeu, on a dominé nos adversaires. Il restait maintenant à être plus efficaces. On a vu qu’au fil des matchs, le Sénégal s’en est sorti, parce qu’ils étaient supérieurs au plan du jeu. Contre le Congo, ils étaient venus revanchards. On savait que c’était une bête qui était touchée, que cela n’allait pas être facile. Ce n’est pas la même chose par rapport aux autres équipes. Même si on était les favoris, on a souffert. On a fait match nul parce qu’on a élevé notre niveau de jeu pour ne pas être battus par le Congo. N’oubliez pas que c’est le Congo qui a marqué le premier but. Ils nous ont un peu fatigués en première période. C’est en deuxième période que nous avons retrouvé notre jeu et avons égalisé pour ne pas perdre. C’était important par rapport à notre standing, par rapport à nos objectifs, qu’on ne perde pas ce match. Nous sommes sortis premiers de la poule avec le même nombre de points que le Congo. C’est au niveau du goal-average que nous avons pris le ticket pour rester à Tanger.
On parle beaucoup du Sénégal comme favori, mais est-ce qu’on assume réellement ce statut quand on voit parfois le relâchement de l’équipe ?
On n’est pas le seul favori de la compétition. Il y a des favoris de la compétition. Vous avez vu le Maroc qui, bien que jouant sur ses terres, bien qu’ayant une équipe qui maîtrise son sujet, bien qu’étant favori de son groupe, cela ne l’a pas empêché de concéder le nul contre le Mali. Cela n’a pas empêché, non plus, pour se défaire de la Zambie, de souffrir un peu. Tous les favoris ont souffert dans cette compétition. Ils ont été obligés d’élever leur niveau de jeu, de batailler ferme, pour se défaire des autres. Il n’y a pas que le Sénégal, en tant que favori qui, à un moment donné, a souffert. On l’a vu pour le Maroc et d’autres.
Comment aborder le prochain match contre le Mali en quarts de finale ?
En termes de jeu, de contenu footballistique, nous avons des joueurs qui sont d’un niveau supérieur au Mali. Il y a eu un mélange de jeunes avec des joueurs beaucoup plus expérimentés. On a senti, à un moment donné, que ce mélange tient. Maintenant, le problème qu’on peut avoir, c’est au niveau de la mentalité. J’ai vu le match Maroc-Zambie, après le nul du Maroc contre le Mali. Est-ce que vous avez vu le pressing que les Marocains ont mis contre la Zambie. Durant les vingt premières minutes, les Zambiens n’ont pas vu le ballon. Quand on rencontre une équipe supposée faible, il faut montrer sa supériorité très tôt. Il faut qu’on montre à l’adversaire, dès les premières minutes, qu’on est venus pour gagner ce match. Je suis persuadé que contre le Mali, il faudra un mental. Quand le Mali joue contre le Sénégal, c’est un derby. Par rapport à l’écosystème de l’Afrique de l’Ouest pour le football, c’est le Sénégal qui est le plus en vue. Cela, nos adversaires ne l’acceptent pas. Ils ne l’accepteront que lorsqu’on élève le niveau de jeu. Le football, ce n’est pas seulement la dimension tactique ou technique, c’est aussi la dimension mentale. Tant qu’il y aura une motivation du Sénégal, je n’ai pas peur.
Est-ce que le fait de n’avoir pas rencontré le Mali, ces dernières années, chez les A, peut être un élément de ce match ?
On a regardé le Mali jouer. Le dernier match du Mali est suffisant. On a vu une équipe réduite à 10 entre la 26e et la 29e mn, et qui a éliminé la Tunisie. Mieux encore, quand on regarde le match, on se demande si les Maliens étaient réduits à 10. Le bloc était compact et dans les transitions, on les sentait à chaque fois. Ils ont montré qu’ils étaient là. Le Sénégal l’a bien vu. Maintenant, même si on n’a pas joué contre le Mali pendant longtemps, on sait que c’est une équipe qui a un mental très fort. Nous devons avoir le même mental.
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