Après sa victoire ô combien importante sur Eumeu Sène de Tay Singher, Ada Fass de Fass Benno est revenu sur cette victoire qui lui ouvre les portes de la cour des grands. Lors d’un entretien avec la chaîne de Gaston production, le nouveau chouchou de Dakar se projette sur son avenir en laissant l’opportunité de choisir qui va se dresser sur son chemin lors de sa prochaine sortie dans l’arène, tout en visant loin.

Recueillis par Amadou MBODJI – Pouvez-vous revenir sur votre victoire sur Eumeu Sène acquise dimanche dernier à l’Arène nationale ?

J’ai battu Eumeu Sène dans un combat technique. C’est un lutteur aussi technique que je le suis. Je n’avais pas peur de livrer un combat technique. Il n’y a aucun lutteur, fût-il le plus technique, qui peut m’impressionner. Vous n’avez pas vu, je pense, cette image où il avait tenté de s’emparer de mon pied. C’est une prise que j’ai esquivée. Il m’a provoqué, j’ai alors riposté. Lorsque je l’attaquais, j’avais les yeux rivés sur lui. C’est pourquoi je l’ai plaqué. Je maîtrise la lutte pure, c’est sur ce terrain que je l’ai battu. Je l’ai projeté au sol en entamant l’action par le haut. J’avais voulu lui faire un hanché. Mais lorsque je l’ai trouvé lourd, j’ai renoncé à cela pour changer de stratégie. Cela consistait à effectuer une poussée vers l’avant pour le battre. Il sait que je suis un lutteur puissant et qui a de la force à revendre. C’est mieux que d’avoir de la force que d’avoir de la masse. Je sais ce que je vaux. Je me frotte à des lourds que je bats. C’est dans l’épreuve de force que ce combat a été entamé. Il y a des chroniqueurs qui ne devraient pas parler de la lutte. Ce sont eux qui détruisent la lutte. Qui parle de la lutte doit en avoir une certaine science ou connaissance.

Vous semblez insinuer que vous maîtrisez mieux la lutte pure que Eumeu Sène. Faut reconnaître que c’est un grand technicien quand même ?

Je n’étais encore né lorsque Eumeu Sène disputait les compétitions de la Cedeao. Je ne lutte pas mieux que Eumeu Sène. Il se trouve que je fais partie de la jeune génération qui dispose d’outils plus modernes pour gagner un combat que l’ancienne génération dont les outils ne sont plus au diapason.

Quels sont les lutteurs qui sont dans votre viseur ? Entre Franc, Balla Gaye 2, Modou Lô… Lequel êtes-vous prêt à croiser ?

Je vais accorder la chance à tous les lutteurs. J’ai un encadrement qui est habilité à désigner qui je dois rencontrer. Tout ce que je peux vous dire, c’est que ceux qui refusaient de me croiser dans le passé, n’ont plus le choix. Ils devront m’affronter. Je suis devenu un des ténors de l’Arène. Je suis désormais dans la cour des grands. L’avenir nous en dira davantage.

Ne serait-il pas un risque de lutter contre le nouveau «Roi des arènes», Sa Thiès ?

Pourquoi vous parlez de risque ? Je suis dans mon coin en train d’attendre. Je laisse l’opportunité à mon encadrement pour le choix de mes adversaires. Il faut juste comprendre que je vise loin.

ambodji@lequotidien.sn