Formaliser, structurer, convaincre les banques : c’est la feuille de route que le Dr Daouda Thiam a tracée, ce jeudi, aux femmes actives dans le secteur informel, à l’occasion d’un atelier organisé par la Cciad sur leur accès au financement.
Par Malick GAYE – C’est dans le Hall de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar (Cciad) que la Commission genre et entrepreneuriat féminin a réuni, ce jeudi 16 juillet, entrepreneures, responsables de Gie, associations professionnelles et experts autour d’une question centrale : comment lever les barrières qui freinent l’accès des femmes aux financements formels ?
Prenant la parole au nom du président de la chambre, Abdoulaye Sow, le Dr Daouda Thiam a salué «le travail remarquable» de Khady Fall Tall, présidente de la Commission genre et entrepreneuriat féminin, et de son équipe, pour avoir «créé cette passerelle essentielle» entre les femmes entrepreneures et les structures d’appui. Il a rappelé le poids économique des femmes, décrites comme «le véritable moteur de résilience» de l’économie nationale, qu’elles interviennent dans la transformation de produits locaux, l’élevage ou le commerce de détail. Mais un constat s’impose, selon lui : malgré cette contribution, «un plafond de verre subsiste», matérialisé par des obstacles structurels à l’accès au financement pérenne.
Pour y répondre, Dr Daouda Thiam a décliné quatre axes de travail. D’abord, la formalisation, présentée comme «la clé de voûte» du développement des entreprises féminines, gage de crédibilité auprès des banques. Ensuite, une meilleure connaissance des mécanismes existants -Der/fj, Fongip, Adepme, Fodem- afin de «clarifier les critères d’éligibilité» et lever les blocages rencontrés sur le terrain. Troisième axe : la structuration en coopératives et en Gie, pour peser davantage dans les négociations et accéder aux marchés publics. Enfin, la préparation de dossiers de financement rigoureux, condition jugée indispensable pour présenter des projets réellement «bancables».
La Directrice du Fodem, Aminata Diop Samb, et l’expert-consultant Dr Aliou Niang ont enrichi les échanges de leurs éclairages techniques, avant une session de questions-réponses avec les participantes. Le Dr Daouda Thiam a réaffirmé l’engagement de la Cciad à accompagner les femmes dans leurs démarches de formalisation et à porter leur plaidoyer «au plus haut niveau», en tant que passerelle entre leurs entreprises et l’écosystème financier public et privé.
L’atelier s’inscrit dans la continuité des actions de la Commission genre et entrepreneuriat féminin de la Cciad, qui entend faire de l’inclusion financière des femmes «une réalité tangible» à Dakar comme sur l’ensemble du territoire national.
mgaye@lequotidien.sn

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