L’Agence nationale de conseil agricole et rural (Ancar) a procédé au lancement de son dispositif numérique d’identification et d’enrôlement des producteurs, dans le cadre du partenariat noué avec le Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (Fsrp), appuyé par la Banque mondiale.

Par Malick GAYE – Faire du numérique un levier de souveraineté alimentaire ! Telle est l’ambition affichée par l’Agence nationale de conseil agricole et rural (Ancar). Bases de données des exploitations, numérisation des parcelles, alertes climatiques par Sms ou via les réseaux sociaux, relais par les radios communautaires, l’Ancar entend démultiplier la portée de ses conseillers agricoles, présents sur tout le territoire mais dépassés par l’ampleur de la demande.

Le programme vise à terme l’enrôlement de 240 000 producteurs dont 96 000 femmes, et prévoit l’installation de 70 parcelles-pilotes dédiées à l’agriculture de précision. Ta­blettes, smartphones et ordinateurs ont été remis, hier lors d’un atelier, aux Organisations de producteurs (Op) bénéficiaires, à commencer par celle du «Grenier du maïs», pour leur permettre de gérer elles-mêmes leurs bases de données membres. Une convention de partenariat a par ailleurs été signée avec l’Esopi, dans la continuité de l’appui du Fsrp.

Devant l’assistance, le Directeur général de l’Ancar, El Hadji Faye, a resitué l’enjeu : «La souveraineté alimentaire passe par la professionnalisation et la modernisation des outils des producteurs.» Il a insisté sur le principe d’un accompagnement partagé plutôt qu’imposé : «Nous ne voulons pas le faire en étant seuls, nous voulons le faire avec les organisations de producteurs.» Selon lui, les Op disposent déjà d’un dispositif de relais-conseils et d’animateurs paysans «qui ont des capacités et qui méritent juste d’être renforcés pour pouvoir être autonomes».

Sur le volet formation, souvent perçu comme le maillon faible de ce type de programme, le Directeur général s’est voulu rassurant, rappelant qu’un millier de parcelles avaient déjà été numérisées grâce à ces animateurs de terrain. «Il reste juste à les former, à renforcer leurs capacités. Et c’est ça qu’on va faire dans les prochaines semaines», a-t-il précisé, citant la contribution de startups comme Tolbi, M-Luma et Jokalante, ainsi que le dispositif des 1000 volontaires mobilisés aux côtés du ministère de l’Agriculture, de la souveraineté alimentaire et de l’élevage.Le programme s’articule également avec deux initiatives-pilotes menées par le ministère : le projet Grenier du maïs et une initiative sur la chaîne de valeurs.

L’Ancar, créée par le décret n°97-593 du 12 juin 1997, revendique un principe : le numérique ne remplace pas le conseiller agricole, il en démultiplie la portée. Reste à savoir si, sur le terrain, la tablette tiendra ses promesses là où le signal réseau, lui, ne suit pas toujours.

mgaye@lequotidien.sn