Dans le monde, en Afrique, il arrive qu’il y ait des crises universitaires qui peuvent occasionner des heurts, des blessés, chez les étudiants comme chez les Fds, voire décès. Si la mort peut arriver dans diverses circonstances malheureuses, dans les universités, bastion de l’acquisition du savoir, on ne doit pas y mourir par des actes de violence. Au Sénégal, nous nous inclinons très pieusement devant la perte cruelle et trop tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba, décédé à l’Ucad à la fleur de l’âge. Ce dramatique décès de plus justifie la nécessité de couper le mal à la racine par des solutions durables. Pour ce faire, nous essayons de donner des propositions.

1. Accompagner, conséquemment et dans la durée, la famille de notre très regretté et très cher fils ou frère Abdoulaye Ba, martyr du savoir.

2. Résoudre, conséquemment et dans la durée, la présente triste crise en vue de reprendre les cours. En effet, feu étudiant en deuxième année de chirurgie dentaire, Abdoulaye Ba, par exemple, était très attaché à la poursuite de ses études, des études.

3. Dans le monde et dans beaucoup d’universités, il n’y a pas de restaurants universitaires, mais des cuisines universitaires car les étudiants sont responsabilisés pour gérer leur propre alimentation. Mais dans ce cas, les étudiants sont, entre autres, dans des chambres individuelles avec des frigos bars. Les collectivités territoriales et autres structures qui logent des étudiants pourront aussi intervenir dans l’alimentation de leurs étudiant-e-s logés.

4. Si les restaurants universitaires sont maintenus pour le long terme, fixer, par l’Etat, les prix planchers à appliquer par ces derniers. Comme dans certaines structures, le public comme le privé ou un Partenariat-public-privé (Ppp) pourra gérer les restaurants universitaires. Les subventions habituelles de l’Etat pourront être réorientées dans l’amélioration continue et durable du social des étudiant-e-s comme, si possible, augmenter les bourses des étudiant-e-s, les logements en vue de tendre vers un-e ou deux étudiant-e-s par chambre. Le résultat à viser demeurera le rehaussement du taux de réussite des étudiant-e-s.

5. Dans les pays développés, il existe des prêts pour études, étudiez la faisabilité de son application dans les pays qui ne l’appliquent pas encore. Ceci parce qu’une des clés de développement d’un pays est l’enseignement.

6. Pour l’occupation des chambres universitaires, signer des contrats avec les bénéficiaires, avec des interdictions d’avoir dans les chambres des armes blanches, des grenades lacrymogènes, des cocktails Molotov, toute autre arme potentiellement nuisible… Des sanctions devront être prévues ou appliquées grâce à des textes.

7. Si le Sénégal n’a pas encore atteint le nombre d’étudiants requis par rapport à sa population, il faudra travailler, encore travailler et toujours travailler dans le Jub-Jubal-Jubanti pour atteindre ce nombre. Pour ce faire, combiner le système français et le système Lmd. Par exemple, dès qu’on passe la deuxième année, obtenir un Duel, un Dues, un Dut ou un Bts. Les Duel et Dues ont permis à de nombreux étudiants d’avoir une préinscription, une bourse pour aller poursuivre leurs études sous d’autres cieux. Les Duels et Dues ont permis, aussi et entre autres, à beaucoup d’étudiants de réussir à des concours par voie directe. Permettre à tous ces diplômés de faire une licence grâce à un rapport de stage ou un mini-mémoire à produire. En effet, sortir avec un diplôme de Bac+2 ans seulement peut exposer à un problème douloureux d’absence de plan de carrière.

8. Avoir un Duel, un Dues, un Dut ou un Bts puis une licence peut aider à décongestionner les universités, sans empêcher les licenciés par initiative personnelle, entre autres, de faire un Master 1, Master 2, voire un Doctorat, tout en étant dans la vie active le cas échéant.

9. Faire un Master 1 puis un Master 2, voire un Doctorat, sera possible aussi pour les étudiant-e-s méritants non encore dans la vie active.

10. Pour les masters 1 et 2, voire pour les doctorats, avec la digitalisation intégrale, développer des formations en ligne tant que c’est possible.

11. Atteindre le nombre d’étudiants requis ne doit pas exclure de développer l’enseignement professionnel dès le cycle secondaire. Au Canada, par exemple, l’enseignement général et l’enseignement professionnel se font dans les Cegep (Collège d’enseignement général et d’enseignement professionnel). Au Sénégal, des écoles font des formations professionnelles courtes de six (6) mois en vue de se présenter à l’examen du Cap. Les Cem pourraient être mutés en Cemep (Collège d’enseignement moyen et d’enseignement professionnel), et dès la classe de 4ème secondaire, faire 3 mois de formation professionnelle théorique (électricité, informatique, plomberie, maçonnerie…), et à la classe de 3ème, faire 3 mois de formation professionnelle pratique. En fin d’année, faire le Bfem et un Cap de son choix. Le Bfem nouvelle formule devra être adapté aux nouveaux curricula des classes de 3ème et 4ème.

12. Faire à la fois un diplôme de Bfem et de Cap devrait être possible vu que dès la classe de CM2, on faisait le Cfee et l’Entrée en sixième. Ensuite, les élèves continueront leur cursus scolaire dans les lycées d’enseignement général ou technique ou professionnel ou spécialisé.

13. Pour les «déperdus» scolaires et ceux qui ne suivent pas l’enseignement général et professionnel, mettre en place dans chaque commune, dans des daaras, au moins un centre d’enseignement de formation pratique. Dans la commune de Bargny, depuis des décennies, dans le Centre d’enseignement pratique, beaucoup de personnes y ont obtenu un Cap ou un Bep. Un tel centre, à démultiplier, mérite d’être appuyé et renforcé pour même y faire un Bac spécialisé, puis un Bts, une Licence professionnelle spécialisée (Lps) au moins. Comme dans le privé, si une formation accélérée de six (6) mois permet de se présenter à l’examen du Cap, ne pas l’écarter.

14. Faire continuellement du benchmarking sur l’organisation et le fonctionnement des universités, des instituts et centres de formation ou d’enseignement en vue d’adapter ce qui est adaptable. Ainsi, progressivement, d’ici 2050, certaines universités pourront être décongestionnées et l’enseignement supérieur développé, quel que soit le flux des nouveaux ou primo-arrivants étudiants.

Assane SECK (Seckane)

Retraité. Ingénieur

seckassane66@gmail.com. seckassane5@gmail.