Un match de football reste un moment de fête et de plaisir qui regroupe deux équipes, dans le cadre d’une discipline sportive. Or, lors de la finale de la coupe des peuples des Afriques divisées, le pays-hôte a fait preuve de position dominante, à l’endroit de toutes les équipes qu’il aura rencontrées sur son chemin, durant les épreuves. Pourquoi ? Dans le simple but de gagner la compétition sportive, dans un esprit contraire à la loi du jeu.

Attendu que sous cette emprise, la loyauté, le respect et la sportivité doivent être de mise, pour atteindre l’image d’une unité des peuples des Afriques en retrouvailles, au travers d’une concurrence saine durant un (1) mois. Et, quels que puissent être les enjeux, il y a bien lieu de faire preuve de maturité et d’esprit de convivialité en termes de comportements. Et c’est dans ce domaine précis que tout un Peuple marocain a lourdement péché, dans des travers récurrents et troublants, et pris dans un tourbillon de folie, par un chauvinisme sans raison. Des attitudes décevantes, avec des scènes en direct, à propos des serviettes du goal sénégalais en pression, durant tout le match, par exemple. Et tout ce scénario malodorant contraste avec l’investissement de dernière génération des beaux stades, par le Maroc.

En raison que dès l’arrivée de l’Equipe du Sénégal à Rabat, l’accueil fut étouffant et les joueurs de foot dans une insécurité absolue. Il en fut de même à l’hôtel avec toute la délégation sénégalaise et en ce qui concerne le terrain d’entraînement mis à leur disposition. Plus grave encore, les billets pour accéder au stade et pouvoir assister à la finale en toute quiétude : introuvables. Autrement, la question à devoir se poser est : qu’en est-il de la Confédération africaine de football (Caf) qui régit ledit sport, dans une Afrique divisée ? Un silence assourdissant ou une complaisance farouche, dans une complicité des complices ?

Ainsi, la chanson à caractère plaintif sur de tels comportements tragiques resta vaine à l’égard d’un pays de paix , invité à un banquet de rêve. Parce que tout simplement, la peur de perdre une joute footballistique était au rendez-vous de la fête sportive, encouragée par tout un Peuple marocain. C’est pourquoi la délégation sénégalaise ne sera guère écoutée, ni entendue dans ses réclamations avérées et dans la certitude de ses récriminations… et par la Fédération marocaine de football, encore moins par la Confédération africaine de football… et les autres pays des peuples des Afriques divisées, sauf l’Algérie. Pourquoi ? Des questions qui méritent de grandes réflexions avec l’enterrement en première classe du panafricanisme des peuples des Afriques d’hier. De ce point de vue, il y a bien lieu de prendre en considération le Maghreb, le Machrek et le Moyen-Orient.

En raison que, pour tout un Peuple qui avait en face de lui un adversaire de taille comme le Sénégal au plan du jeu, il leur fallait passer par des mécanismes dissuasifs et disconvenants. Il fallait, après le pénalty raté de Brahim Diaz… trouver un autre bouc émissaire : les dix-huit (18) supporters sénégalais, pour tenter d’enrailler l’affront sportif. Malheu­reusement, le Sénégal n’a jamais été un ennemi du grand Peuple marocain… et envers ses rois, même si, au moment de la remise du trophée tant convoité, le représentant de la Royauté s’en est abstenu : toute une diplomatie à l’envers !

En raison que ces supporters-là vivent un calvaire indescriptible, loin de leur base affective et de leur environnement, cela demeure inacceptable. Ils restent donc des pères de famille qui souffrent et à la merci d’un pays, ou dis-je, d’un puissant royaume dont ils sont l’otage. Des conditions douloureuses quant à leur interpellation, puis imposées par le Tribunal de première instance de Rabat. Que dans de telles circonstances dangereuses, nourries par une provocation dans les tribunes, il s’en est suivi un débordement et une riposte de la colonie sénégalaise. Alors, qui doit agir dans l’intérêt de ces supporters sénégalais ? Ont-ils été des partisans du hooliganisme ? Non !

Attendu que par cette domination morale et intellectuelle, et eu égard au respect des droits fondamentaux, à la liberté d’expression et à la défaillance procédurale : il s’impose leur acquittement. Ce ne sera que justice ! Or, ces supporters et ressortissants sénégalais ont été condamnés par le Tribunal d’un royaume encagoulé, à de lourdes peines, allant de trois (3) mois à un (1) an de prison.

En définitive, les peuples des Afriques divisées et le monde ne retiendront, malgré la robuste colère de tout un Royaume : l’arrêt magistral de Edouard Mendy, le fabuleux but de Pape Alassane Guèye et la coupe dans les vitrines de la Fédération sénégalaise de football.

Ibrahima Khalil MENDY

Sg Syntips et Président du

Mouvement des Permanents Cnts