La capitale sénégalaise a accueilli les ministres de la Jeunesse et des sports de la Cedeao, hier. Une rencontre présidée par la ministre Djirèye Clotilde Coly et qui aura permis d’adopter deux nouvelles politiques régionales pour la jeunesse.

Par Malick Gaye – Les ministres de la Jeunesse et des sports de la Cedeao se sont réunis ce jeudi à Dakar pour l’adoption de deux nouvelles politiques régionales, l’une sur la jeunesse, l’autre sur le sport. Ces textes doivent remplacer les cadres stratégiques existants, jugés dépassés face aux mutations démographiques, économiques et sécuritaires de l’Afrique de l’Ouest.

La ministre sénégalaise de la Jeunesse et des sports, Djirèye Clotilde Coly, qui a ouvert la rencontre, a présenté cette révision comme une réponse aux défis du chômage des jeunes et à la nécessité de moderniser la gouvernance du secteur sportif. Selon elle, l’ambition commune est de faire de la jeunesse et du sport des piliers de l’intégration régionale et du développement durable. L’adoption des deux politiques doit ouvrir une phase de mise en œuvre dans chacun des Etats membres.

La ministre a situé l’enjeu dans le contexte démographique de la région, où «75% de la population ont moins de 35 ans». Selon elle, ce potentiel doit être converti en dividende par des investissements dans l’éducation, l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes, alors que le taux de jeunes ni en emploi, ni en formation, ni en études se situe, a-t-elle indiqué, «entre 22 et 30% dans la sous-région, avec des disparités genre», précisant qu’il «dépasse souvent 35 à 45% chez les jeunes femmes contre 15 à 20% chez les jeunes hommes».

La nouvelle politique régionale de la jeunesse entend, selon Mme Djirèye Clotilde Coly, changer le statut accordé aux jeunes dans l’action publique. «Elle reconnaît les jeunes non plus uniquement comme des bénéficiaires de programmes publics, mais comme des citoyens, des innovateurs, des entrepreneurs, des leaders communautaires et des partenaires incontournables du développement», a-t-elle déclaré.

«Rien ne doit être conçu pour la jeunesse sans la jeunesse»

Sur le volet sportif, la ministre a présenté le sport comme «un secteur économique à part entière», appelant à renforcer la gouvernance des institutions sportives, la transparence, les infrastructures, ainsi que la formation des entraîneurs. Elle a également évoqué la nécessité d’une attention particulière portée au sport féminin, à l’inclusion des personnes en situation de handicap et à la lutte contre le dopage et les violences.

Concernant la mise en œuvre de ces politiques, la ministre a insisté sur trois conditions : l’appropriation nationale par chaque Etat membre, la mise en place de mécanismes régionaux de suivi et d’évaluation, et la mobilisation de ressources issues des budgets nationaux, du secteur privé et des partenaires techniques et financiers, parmi lesquels elle a cité l’Union européenne, le Pnud, l’Unfpa, l’Afd, l’Enabel, la Confejes et France Volontaires.

Elle a par ailleurs annoncé que le Sénégal venait de mettre en place un Conseil consultatif des jeunes, présenté comme un organe consultatif sur les questions de jeunesse, en cohérence avec le principe qu’elle a défendu devant ses homologues : «Rien ne doit être conçu pour la jeunesse sans la jeunesse.»

La ministre a clos son propos en formulant le vœu que la rencontre débouche sur «l’adoption consensuelle» des deux politiques et sur un engagement des Etats membres en faveur de leur mise en œuvre.

mgaye@lequotidien.sn