A l’heure où le Sénégal s’apprête à défier le Maroc dans son antre de Rabat ce dimanche, l’enjeu dépasse la simple conservation du titre. Si le pays rêve d’une deuxième étoile, pour 18 des 28 protégés de Pape Thiaw, cette finale représente la chance ultime d’inscrire, enfin, leur nom au panthéon du football africain.
Le football sénégalais vit un âge d’or sans précédent. Avec trois finales disputées sur les quatre dernières éditions de la Can, la régularité des Lions de la Teranga force le respect. Pourtant, derrière les cadres habituels, le groupe a profondément mué. Sur les 28 joueurs retenus pour cette campagne marocaine, seuls 10 ont déjà goûté à l’ivresse du sacre de 2022 à Yaoundé.
Parmi ces «anciens» investis de la mission de transmettre la culture de la gagne, on retrouve les piliers : Sadio Mané, Kalidou Koulibaly, Edouard Mendy ou encore Idrissa Gana Guèye et Ismaïla Sarr. Pour les 18 autres, la finale de Rabat est celle d’un premier rendez-vous avec l’histoire.
Krépin Diatta : la récompense du revenant
S’il y a un joueur pour qui ce trophée aurait une saveur particulière, c’est bien Krépin Diatta. L’ailier de l’As Monaco, considéré par beaucoup comme le meilleur Sénégalais de ce tournoi, est le seul cadre à avoir disputé l’intégralité des minutes depuis le début de la compétition.
Privé du sacre de 2022 à cause d’une blessure, Diatta porte en lui les cicatrices des finales perdues (Can U20 en 2017 et Can 2019 avec les A). «J’ai toujours eu ce rêve depuis que je suis gamin. J’espère que cette fois-ci sera la bonne», confiait-il récemment à la Rts. Son abnégation et sa forme étincelante font de lui le symbole de cette génération qui ne veut plus se contenter des places d’honneur.
Le passage de témoin : de Mbaye à Camara
Outre les cadres en quête de rachat, cette finale est le baptême du feu pour la «nouvelle garde» qui a régalé la planète foot ces derniers mois. Le prodige du Psg, Ibrahim Mbaye, ainsi que Mamadou Sarr et Lamine Camara incarnent cette jeunesse fougueuse prête à prendre place à la table des grands.
Ces jeunes talents ont su s’appuyer sur l’expérience des vétérans pour se hisser jusqu’à la dernière marche. A eux désormais de jouer leur partition dans l’enfer de Rabat pour prouver que la relève est non seulement prête, mais déjà conquérante.
L’objectif ultime
Après des années d’attente pour certains et une ascension fulgurante pour d’autres, le grand jour arrive dimanche à Rabat face au Maroc. Face au pays-hôte, les Lions devront associer la sagesse des champions de Yaoundé à l’insouciance des 18 prétendants au premier titre. La balle est dans leur camp : une victoire dimanche, et le Sénégal n’aura plus seulement une équipe de champions, mais une véritable dynastie continentale.
Par Woury DIALLO-wdiallo@lequotidien.sn
(Envoyé spécial à Tanger)
