Les Lions du Sénégal, champions d’Afrique pour la seconde fois.
La Can Maroc 2025 restera comme l’édition la plus conviviale, la plus colorée et sans doute la plus belle de l’histoire, même si, à l’occasion de la finale, de regrettables incidents ont failli gâcher la fête.
Les caravanes de joyeux supporters parcourant les avenues de certaines villes après les matchs resteront longtemps gravées dans les mémoires. Ce fut, en quelque sorte, un carnaval à l’africaine.
Le Maroc, certainement le pays d’Afrique le plus agréable à visiter, a accueilli une édition de la Can qui restera, dit-on, la plus rentable jamais organisée par un pays-hôte.
Tanger, quartier général des Lions, ville la plus moderne du Royaume avec ses larges avenues et ses belles plages, a porté chance à nos représentants : 7 matchs, 6 victoires et 1 nul.
Mais souveraineté oblige, notre délégation a dû quitter Tanger pour rallier Rabat, résidence du Roi Mohammed VI, que les Marocains appellent la Ville-Lumière, où s’est déroulée la finale de la Can.
Ce fut un match à rebondissements où à la suite d’une décision arbitrale controversée, nos représentants ont quitté l’aire de jeu pour regagner les vestiaires. Par bonheur, le bon sens a prévalu, et peut-être aussi le cœur.
Ces raisons du cœur ont sans doute rappelé à nos joueurs que le Maroc et le Sénégal sont des pays frères et amis, unis par une longue tradition ancestrale. On rapporte à ce propos que feu le Roi Hassan II disait : «Nos voisins Mauritaniens, nos frères Sénégalais.»
La fête a failli tourner court, mais tout fut finalement remis à l’ordre. A l’issue de ce duel, le Sénégal, vainqueur, est sacré champion d’Afrique 2025.
Ce 18 janvier, les lampions se sont éteints tard dans le stade de Rabat, la Ville-Lumière. La nuit fut sans doute longue et le cauchemar sans fin pour nos frères marocains.
Au Sénégal, dès le coup de sifflet final, les pétards ont tonné plus fort et les feux d’artifice ont illuminé le ciel étoilé, encore plus haut que lors de la nuit de la Saint-Sylvestre. Un ciel –peut-être un clin d’œil du destin- plus étoilé encore que les jours d’avant. On eût dit que cette soirée marquait le début de l’année 2026 dans le pays.
Heureux début d’année ! Belle nuit, nuit divine ! «Retiens la nuit», dit la chanson ! Que nous ne pouvions retenir cette nuit-là. Pour la revivre et revivre encore.
Après le retour des Lions, la parade triomphale à travers les rues de la capitale fut une journée d’hystérie collective, avec des scènes qu’aucun cliché ne saurait traduire. Reçus par le chef de l’Etat, nos représentants ont été récompensés à la mesure de leur exploit.
On sait que le malheur et la douleur font pleurer. Bizarre, à l’opposé, le bonheur et la joie font aussi pleurer. Et nous avons été nombreux, jeunes et moins jeunes, à pleurer de joie.
La Can au Maroc fut une parenthèse. Une heureuse parenthèse qui nous a fait oublier, quelque peu, la situation économique morose de notre pays, pays de discorde et de haine politique.
Oubliée la campagne agricole calamiteuse ! Au diable les voitures de la controverse distribuées à nos députés !
Pendant près d’un mois, union sacrée autour de l’Equipe nationale !
Le jour de la finale, des rues presque désertes, un pays presque à l’arrêt. Ce fut, à l’unisson, un recueillement quasi religieux partout au Sénégal.
La devise «Un peuple – un but – une foi» ou «une joie», peu importe, on n’y arrive que par le sport, le foot. Le sport est une grande école.
A Sadio Mané, meilleur joueur de l’histoire du Sénégal, meilleur joueur de la Can, celui qui nous a emmenés en finale et peut-être sauvé cette finale, une statue devrait être érigée.
La Coupe d’Afrique des nations est revenue au pays, et nous espérons cette fois-ci que son séjour sera plus long.
Nous ne terminerons pas sans un «coucou» à nos frères marocains, les Tangérois, qui nous ont accueillis, accompagnés et encouragés.
Tanger, perle du Nord du Maroc, notre bonne étoile !
Choukrann ! Rendez-vous dans quatre ans au Mondial, Incha’Allah.
Dieu est Grand !
Amadou dial SENE
