L’Equipe nationale féminine de basket a enregistré trois défaites en autant de sorties au Tournoi de pré-qualification olympique féminin (Tpq) de la Fiba 2026 à Guadalajara, au Mexique. Trois matchs perdus contre le Canada (57-72), le Mexique (65-79) et les Philippines (75-79).
Directeur technique de la Jeanne d’Arc de Dakar, Cheikh Fall tire la sonnette d’alarme et liste les maux du basket sénégalais. «D’abord, il faut féliciter les coaches qui ont osé. Il y a eu un raisonnement collectif au sein de l’équipe. Ils ont commencé à faire confiance à certaines jeunes filles», note coach Cheikh Fall. Avant de lister les maux du basket sénégalais : «Chez les garçons comme chez les filles, c’est qu’on ne crée pas suffisamment de compétiteurs. On a des joueurs qui viennent en sélection pour jouer, mais d’abord, il faut créer des compétiteurs.»
Pour cela, le technicien sénégalais estime qu’«il faut travailler sur le plan mental et psychologique. A chaque moment, il faut être capable de défendre. A chaque moment, il faut aller scorer. Et surtout, il faut empêcher l’adversaire de marquer».
On doit beaucoup travailler sur le plan mental
Revenant sur le tournoi de Guadalajara, coach Cheikh Fall estime que «les adversaires savent que le Sénégal a des problèmes. A un moment donné, on avait formé des joueurs qui, sur le plan mental, étaient de vrais compétiteurs. On a eu aussi des joueurs et joueuses qui, quand ils avaient le ballon, on savait qu’ils allaient scorer. C’est cela qu’on doit travailler».
Des joueurs de cette trempe, le Dtn de la Jeanne d’Arc estime que l’équipe actuelle en dispose en la personne de la meneuse Cierra Dillard. «On n’a pas ce problème actuellement avec cette meneuse américaine, mais, ce sont nos filles qu’on doit beaucoup aider sur le plan mental. Il faut que les gens osent attaquer, qu’ils identifient une ou deux joueuses. Tout le monde peut travailler là-dessus, notamment sur l’adresse.»
«Insister sur les fondamentaux du tir»
Pour cela, il préconise «un programme bien suivi. On peut travailler spécifiquement avec deux filles. Il faut insister sur les fondamentaux du tir, encore et encore, et rester avec ces filles-là pour qu’elles progressent. Personne ne peut les empêcher de progresser si elles sont bien préparées».
Saluant l’arrivée de nouveaux joueurs, coach Cheikh Fall cite le Nigeria comme le parfait exemple. «Ce sont trois filles qui font la différence. Il y a la meneuse, l’arrière et une autre. Elles sont des compétitrices. A chaque fois que le Sénégal voulait les battre, c’étaient ces trois-là qui faisaient la différence.»
Dans les correctifs à apporter, le poste 4 constitue, selon lui, un sérieux problème pour le basket sénégalais. «C’est ce qu’on appelle en basket un poste clé. Il faut une meneuse, il faut des shooteuses, il faut de grandes joueuses. Donc, c’est là qu’il faut régler le problème. Chez les Garçons, on a Brancou (Badio), Jean-Jacques (Boissy) qui peuvent faire la différence.»
En plus de l’arrivée du nouveau Directeur technique national, Sir Parfait Adjivon, coach Cheikh Fall se réjouit de la participation des sélections jeunes aux compétitions internationales.
Rester 20, 30 à 40 ans sans gagner
Prenant exemple sur le football, le Dtn de la Jeanne d’Arc pense qu’ils se sont inspirés du basket pour réaliser de bons résultats sur le plan international. Des nations africaines, à l’image du Mali ou encore de la Côte d’Ivoire, sont en train de suivre le pas. «Nous avons des acquis. Il ne faut pas jeter tous ces acquis à la poubelle. Depuis qu’ils sont arrivés, ils ont parfois mis de côté certaines techniques et certains savoir-faire. Ils croient qu’ils sont au sommet. Personne n’est au sommet. Il faut demander, écouter, faire des recherches, aller partout. Nous sommes dans un monde de diversité», souligne-t-il. Avant de préciser que «les contacts, les dialogues et les échanges, c’est ce qui permet de progresser partout et dans tous les secteurs».
A l’en croire, la reconquête du titre passera par là. A défaut, se désole-t-il, «on restera comme ça pendant 20, 30 à 40 ans sans gagner».
Par Woury DIALLO – wdiallo@lequotidien.sn

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