Par Dialigué FAYE – L’Observatoire de la qualité des services financiers entend faire de la médiation financière un levier de confiance, de justice et de stabilité. Pour cela, l’Oqsf est à l’écoute des usagers depuis hier, à travers la première édition des Assises de la médiation et de l’éducation financières. «Notre ambition, à travers ces premières assises, n’est pas seulement de réguler, elle est de rééquilibrer la relation financière. Nous voulons passer d’une finance de guichet à une finance de confiance», a précisé le président du Conseil d’orientation de l’Oqsf.
Momar Diop rappelle que «l’accès aux services financiers a progressé de manière spectaculaire, mais la maturité financière des usagers n’a pas suivi le même rythme. La prolifération des comptes de mobile money, la digitalisation des crédits et la diversification des produits constituent des progrès majeurs. Mais ces progrès s’accompagnent aussi de nouveaux enjeux. Face à des contrats souvent complexes et à des technologies parfois mal maîtrisées, l’usager peut se retrouver déboussolé». Il a été ainsi rappelé qu’un «secteur financier moderne ne se mesure pas seulement à l’innovation ou à la performance, mais aussi à sa capacité à écouter, expliquer, corriger et apaiser».
Le choix d’associer, pour ces assises, la médiation et l’éducation financières relève d’une pertinence absolue, selon Mor Diouf. En effet, explique le représentant du ministre de l’Economie, des finances et du plan, «ces deux piliers sont les deux faces d’une même pièce. Associer ces deux concepts, c’est passer d’une logique de gestion de crise à une culture de la transparence. C’est le secret d’une inclusion financière réussie et durable».
L’Oqsf veut ainsi «faire du Sénégal une référence africaine en matière de médiation et d’éducation financières». «Un assuré qui ne maîtrise pas les clauses de son contrat peut se retrouver sans protection au moment où il en a le plus besoin. Un utilisateur de services financiers numériques insuffisamment informé peut devenir vulnérable aux fraudes et abus. L’éducation financière est aujourd’hui l’un des grands chantiers du développement. Elle est un levier d’inclusion, un levier de protection, un levier de citoyenneté économique», souligne le coordonnateur des assises, par ailleurs médiateur des assurances à l’Oqsf.
Pendant longtemps, la médiation a été considérée comme «un outil de règlement des litiges». Aujourd’hui, exhorte Amadou Kane, «nous devons la considérer comme un instrument de politique économique». Car, argue-t-il, «dans toutes les économies modernes, la confiance est devenue un actif. Lorsque les citoyens ont confiance, ils épargnent davantage, s’assurent davantage et investissent davantage. Lorsqu’ils ont confiance, ils participent davantage à l’économie formelle. La médiation financière n’est donc pas seulement au service des consommateurs. Elle est au service de la stabilité financière, de l’inclusion financière, de la croissance économique».
dialigue@lequotidien.sn

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