Héroïque Argentine ! Encore menée à cinq minutes du terme, l’Albiceleste a totalement retourné la situation contre l’Angleterre (2-1), ce mercredi à Atlanta. Deux buts de Enzo Fernandez (85e) et Lautaro Martinez (90e+ 4) lui ont permis de rejoindre l’Espagne en finale de la Coupe du monde.
Il y a eu le Cap-Vert en 16es (3-2 a.p.), l’Egypte en 8es (3-2), il y a désormais l’Angleterre en demies (2-1). Menée à cinq minutes du terme et une nouvelle fois poussée dans ses retranchements, l’Argentine a encore réussi une remontada exceptionnelle pour éliminer les Three Lions, ce mercredi à Atlanta. Miraculés grâce à des buts de Enzo Fernandez (85e) et de Lautaro Martinez (90e+2), les partenaires de Lionel Messi, double passeur décisif, retrouveront l’Espagne en finale, dimanche soir à New York. L’Angleterre, elle, sera l’adversaire des Bleus lors du match pour la troisième place.
Encore menée à cinq minutes du terme, l’Albiceleste n’a à aucun moment sombré dans un catastrophisme, ni été dépassée par les événements. Comme si elle connaissait déjà l’issue de cette partie épique, dans la lignée d’un parcours qui n’a, jusqu’au bout, rien de rationnel. Comme s’il était écrit que la frappe puissante de Enzo Fernandez, hors de portée de Jordan Pickford (85e, 1-1), puis la tête rageuse de l’entrant Lautaro Martinez (90e+2, 2-1) la porteraient en finale.
C’était alors l’aboutissement d’un long siège devant la cage anglaise, démarré à la suite de l’ouverture du score de Anthony Gordon sur un centre de Morgan Rogers (55e, 0-1). Satisfaits d’avoir fait la différence sur une de leurs seules occasions, les joueurs de Thomas Tuchel s’étaient alors arc-boutés, comme ils l’avaient fait avec succès contre le Mexique (3-2 en 8e) puis la Norvège (2-1 a.p. en quart). Mais la pression argentine, déjà difficilement supportable au moment des têtes de Nico Gonzalez (70e) puis de Alexis MacAllister (76e, sur le poteau), a fini par faire craquer des Anglais, par ailleurs méconnaissables offensivement, à l’image de Harry Kane et Jude Bellingham, tous deux éteints.
Elle n’a, sur la durée, pas su se hisser à la hauteur d’un Argentine-Angleterre que l’on peut d’ores et déjà hisser, dans l’intensité et la dramaturgie, au même rang que ses glorieux aînés de 1986 et 1998. La rugosité d’un premier acte à ravir les espiègles plutôt que les esthètes (19 fautes dont 12 pour l’Albiceleste) s’est progressivement estompée au profit de la dramaturgie. Et à la fin, comme à chaque fois ou presque, l’Argentine s’en est sortie.
Le joueur : Lionel Messi
Qui d’autre ? Lorsque la situation paraissait compromise, sinon impossible, il a encore pris les choses en main. Peu en vue dans un premier acte qui ressemblait davantage à un épisode de «Faites entrer l’accusé» qu’à un sommet de jeu, Lionel Messi est, à l’image de son équipe, monté -footballistiquement- en puissance. Plusieurs centres dangereux (70e, 75e), avant de délivrer une première passe décisive, en donnant en retrait pour Fernandez (85e) et, surtout, une deuxième magnifique -et du droit !- après un débordement, pour déposer le cuir sur la crête de Lautaro Martinez. Légendaire.

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