Ceci n’est en rien une blague quelconque, il faut y réfléchir assez profondément et poser à la fin la question suivante : mais de quels gens parle cette femme ?
L’histoire est là : une femme se plaignit auprès de son mari en ces termes : mon homme, tu m’as acheté au moins une douzaine de sous-vêtements identiques et de même couleur ; les gens penseront que je ne me change jamais !
A Ndumbélaan, on nous a beaucoup trop baratinés avec le même discours -dette cachée, quatrième sous-sol, marge de manœuvre quasi inexistante, prédation organisée à grande échelle de nos deniers publics- que nous avons réussi à faire fuir tout investissement, tout programme sérieux avec les bailleurs de fonds et pire encore, le fait de faire baisser drastiquement la notation sur les marchés financiers de notre exsangue pays. Wax baaxul° nous apprend le wolof surtout quand ce dit verbe verse dans la manipulation, le déni, l’accusation gratuite et les contes de fée. Tous les secteurs de la vie ndumbélanienne clignotent au rouge et il ne reste aux citoyens abusés que leurs yeux pour pleurnicher.
En interrogeant l’histoire, nous avons constaté que le déclin économique, social, politique, diplomatique, géostratégique, géopolitique (la liste n’est pas exhaustive) est provoqué par l’accession au pouvoir de dirigeants incompétents, trop irresponsables, au dessein tyrannique et caractériel voire carrément schizophrène.
L’empire romain souffrit de la mégalomanie de Commode, l’Ouganda des années quatre-vingt de la mégalomanie de Amin Dada, le Zimbabwe du tragique Mugabe, la Tunisie du saltimbanque Ben Ali, la Rdc du théâtral Mobutu, la Rca de l’effroyable Bozizé.
Au sortir de mars 2024, il est une simple redondance, un piètre radotage, une cruelle rengaine de dire que les Sénégalais vivent mal et à tous les niveaux de la vie. D’un pays où tous les voyants étaient au vert, nous sommes actuellement ensevelis jusqu’au noyau de la terre (plus profondément que le quatrième sous-sol). La kakistrocratie (gouvernement par les pires) ne pardonne pas !
La kakistocratie, ou gouvernement des moins qualifiés, entraîne des conséquences dévastatrices : baisse drastique de la performance, désordre organisationnel, et une souffrance au travail accrue. Elle favorise la loyauté aveugle au détriment de la compétence, provoquant injustices, désengagement des talents, et risques de décisions stratégiques catastrophiques (le fameux Pres en exemple tout cru).
Il n’est pas faux de soutenir que Ndumbélaan croupit sous une kakistocratie aux conséquences dévastatrices sur le quotidien des citoyens. Des conséquences comme la chute de la performance (économique, politique, institutionnelle et sociale) et la désorganisation (dans tous les rouages de l’Etat et la République) : les décisions sont mal informées, entraînant des erreurs coûteuses, une baisse de la productivité et un désordre général. Les objectifs deviennent flous. La souffrance de l’Administration centrale interpelle vivement : les collaborateurs talentueux éprouvent un fort sentiment d’injustice, d’inutilité et de frustration, menant à l’absentéisme, au désengagement, voire au départ (limogeage) des employés compétents. La promotion de l’incompétence et de loyauté à un seul homme que l’on veut plus grand que le pays tout entier, fait que les postes de direction soient occupés par des individus incompétents mais loyaux, créant un système où le talent est moins récompensé que la soumission. Il est vrai que depuis fort longtemps, le peu de recrutement est basé sur la loyauté perçue plutôt que sur le savoir-faire. Ainsi, les valeurs méritocratiques (le travail et l’effort ne sont plus récompensés) sont inversées, ce qui est profondément déstabilisant pour la bonne marche de Ndumbélaan : la médiocratie (règne de la moyenne) et de la kleptocratie (règne des voleurs) s’installent petit-à-petit par le fait que l’incompétence devient le critère central de la sélection des dirigeants.
Un manager incompétent et trop bavard (le vizir du roi) a mis en péril la trésorerie et les relations avec le monde intérieur comme extérieur de la finance. Les décisions sont souvent illogiques, créant un climat de confusion. La communication aveugle, irréfléchie, populiste, confuse et autoritaire tue l’initiative privée et fait fuir l’investissement international. L’absence totale d’autorité et du sens élevé de la responsabilité nous coûte cher : le report systématique de la responsabilité sur les subordonnés frôle le ridicule.
Et Ndumbélaan se meurt lentement mais sûrement. Du centre de la civilisation du donner et du recevoir, il rase aujourd’hui le mur de lamentations dû à l’isolement. Le discours populiste l’éloigne de plus en plus de la grande famille de l’humanité en progrès. Avec Maryse Condé nous répétons : «Il est étrange, l’amour du pays ! Nous le portons en nous comme notre sang, comme nos organes. Et il suffit que nous soyons séparés de notre terre (les valeurs ancestrales) pour ressentir une douleur qui sourd du plus profond de nous-même.»
Ben, que PMN dorme ce soir en prison, cela ne constituerait pas, pas du tout un contre-feu pour l’arrestation de Seck ňaari tur°, arrestation dangereuse pour la quiétude au sommet de la galaxie dirigeante ! Que Dieu préserve Ndumbélaan !
Amadou FALL
Inspecteur de l’enseignement à la retraite à Guinguinéo
zemaria64@yahoo.fr