Après la suspension de l’exportation de l’arachide en novembre 2024, le marché international s’ouvre à nouveau pour ce produit. La décision a été annoncée hier, mardi, par le ministre de l’Industrie et du commerce, Serigne Guèye Diop, au sortir d’une rencontre avec les exportateurs. La taxe à l’export de 40 francs sur le kilogramme a aussi été levée pour accompagner les exportateurs.

Par Alioune Badara NDIAYE (Correspondant) – Le gouvernement déchire sa lettre circulaire interdisant l’exportation des graines d’arachide. Ces oléagineux sénégalais retrouvent le marché extérieur. Après une mesure de suspension prise en novembre 2024, le gouvernement a décidé de rouvrir les exportations. Serigne Guèye Diop, ministre de l’Industrie et du commerce, a annoncé hier, la mesure à la sortie d’une rencontre avec divers acteurs dont les membres du Collectif des producteurs exportateurs de graines d’arachide (Copega). «La réunion de ce matin avait pour objectif d’ouvrir l’exportation de l’arachide au marché international. Donc, à partir d’aujourd’hui, nous avons, avec la Copega et tous les acteurs, décidé que tous les acteurs peuvent maintenant exporter l’arachide vers la Chine, vers les autres pays», a déclaré M. Diop. «L’arachide est devenue un point critique pour les paysans, notamment le volet commercialisation. Nous avons vu qu’il était urgent que l’Etat prenne des mesures», a-t-il motivé la décision.

«D’ici vendredi, tous les documents seront soumis à la signature, et j’ai l’espoir de voir les premières exportations dès la semaine prochaine», a ajouté le ministre.

Une décision fortement approuvée par Abib Thiam, président du Copega, qui a réitéré l’engagement des exportateurs à respecter les cahiers des charges.

Ce seront ainsi entre 300 mille et 450 mille tonnes qui sont destinées à l’exportation, là où la Sonacos va collecter entre 250 mille et 450 mille tonnes. «Cela veut dire que l’Etat a voulu libéraliser le secteur, mais surtout permettre à ce que les paysans puissent avoir plusieurs points de collecte, plusieurs points pour vendre leurs produits», a relevé le ministre de l’Industrie et du commerce.

Autre mesure prise est la suppression de la taxe de 40 francs par kilogramme dont devaient s’acquitter les exportateurs. «L’enjeu de l’arachide ce n’est rien par rapport à 9 milliards (…), il y avait une taxe à l’exportation qui devait ramener presque 9 milliards de francs Cfa à l’Etat dans le cadre du Pres (Plan de redressement économique et social : Ndlr). Si on veut faciliter l’exportation, il faudrait qu’on allège tous les frais aux exportateurs. A l’issue de nos réunions hier avec le Premier ministre, il a été décidé que cette taxe sera supprimée purement et simplement», a relevé le ministre. Serigne Guèye Diop a aussi fait cas, parmi les décisions prises pour les exportateurs, de l’obligation d’un rapatriement des devises. «Nous avons observé, en 2019, 2020, 2021, que la plupart des devises n’étaient pas rapatriées. Et ça, nous avons demandé à la Douane de veiller particulièrement sur ça. Je lance encore un appel à tous nos amis exportateurs pour qu’ils respectent cette consigne de l’Etat», a insisté le ministre du Commerce, assurant que la Douane et le service des Impôts vont assurer la surveillance sur ce point.

Comme action structurelle pour régler définitivement le problème de la commercialisation de l’arachide, M. Diop a souligné la nécessité de moderniser les installations de la Sonacos. «L’Etat va mettre beaucoup d’argent pour investir massivement dans les lignes modernes, dans des lignes à haut rendement, dans des lignes de qualité, mais surtout dans le sens de la diversification. C’est un projet qui est en cours, qui va démarrer tout de suite. Nous pensons qu’à partir de 2025, vers la prochaine campagne, la Sonacos sera en mesure de traiter peut-être quelque chose comme 600 000 à 900 000 tonnes», a-t-il dit.

Pour rappel, depuis l’ouverture de la campagne de commercialisation de l’arachide, les paysans peinent à écouler leurs productions. Cela, à cause de plusieurs contraintes liées au non-respect du prix plancher, au manque de liquidité financière et de fluidité des paiements, à l’insuffisance des points de collecte, au lenteur dans le déchargement des camions, entre autres.

abndiaye@lequotidien.sn