Introduite dans le bassin rizicole de l’Anambé grâce à un projet de l’Agence coréenne de coopération internationale (Koica) en partenariat avec la Sodagri, la variété de riz Isri 7 a fait l’objet d’une fête de la moisson, jeudi au Centre de formation de la Sodagri. Après une récolte de plus de 10 tonnes à l’hectare, les producteurs ont dégusté ce nouveau riz dont ils vantent le potentiel de rendement et les qualités gustatives.
Par Abdoulaye KAMARA – Le potentiel maximum de rendement rizicole dans le bassin de l’Anambé est en passe d’être gagné par le Projet de développement de la chaîne de valeur riz dans la région de Kolda (Pdcvr), financé par l’Agence coréenne de coopération internationale (Koica) en partenariat avec la Société de développement agricole et industriel du Sénégal (Sodagri). Jeudi passé, les techniciens coréens et leurs partenaires dont l’Institut sénégalais de recherche agricole (Isra) et la Kopia ont organisé une fête dite de la moisson pour faire découvrir la production sortie du champ d’essai, en culture de contre-saison, de la nouvelle variété de semence de riz, Isri 7, introduite dans les périmètres aménagés par l’Agence coréenne de coopération internationale, la Koica.
Les invité(e)s de la Koica, de la Sodagri, de l’Isra et la Kopia, partenaires dans ce projet, ont dégusté un «bon yassa poulet» de ce riz, admiré la blancheur feutrée de la graine et vanté son potentiel de rendement. La field manager du Pdcvr, Mme Mi Jin, a dévoilé le chemin emprunté par l’Isri 7 pour donner satisfaction aux producteurs du bassin de l’Anambé, terres à cheval entre les départements de Kolda et Vélingara. La Sud-Coréenne, dans un accent propre aux Asiatiques, a informé : «La variété de semence de riz Isri 7 est importée de la Corée du Sud où elle a fait ses preuves. Nous avons emblavé un champ essai de 0, 34 ha en saison sèche, en recrutant des prestataires du village de Soutouré qui ont bénéficié des conseils et de l’accompagnement du projet, des semis jusqu’à la récolte. Au bout, nous avons récolté 3, 5 tonnes de riz paddy. Décortiquée, cette production a donné 1, 3 tonne.»
Mme Mariama Sarr, chargée du suivi-évaluation du Pdcvr, a ajouté : «Cette variété, au vu de la production faite dans le champ-essai, a un potentiel de rendement de plus de 10 tonnes à l’hectare. Un rendement jamais atteint encore dans le bassin. Le projet a collaboré avec des prestataires du village de Soutouré qui ont bénéficié de l’accompagnement du projet en termes de prise en charge, assurant leur employabilité et luttant ainsi contre l’émigration irrégulière.»
La fête de la moisson de l’Isri 7 a servi de prétexte pour tester son temps de cuisson et son goût. Le président de l’Union des producteurs du secteur 4 du bassin, Lamarana Baldé, s’est extasié après le repas : «Le goût du riz est excellent, avec une bonne texture et une bonne tenue à la cuisson. Ses performances de près de 10 tonnes à l’hectare sont une première dans le bassin. Nous souhaitons la démultiplication en quantité de la semence pour la vulgariser dans tous les secteurs. Nous souhaitons surtout que nos partenaires nous aident à trouver des marchés pour l’écoulement de la production.»
A l’endroit de la Koica, le producteur en chef de l’Anambé a marqué toute sa reconnaissance «pour son engagement en faveur du développement de la riziculture dans la région». Pour M. Baldé, ce projet ouvre de nouvelles perspectives d’amélioration des revenus des jeunes et des femmes, tout en renforçant les ambitions de souveraineté alimentaire du Sénégal.
A rappeler que l’importation de l’Isri 7 dans le secteur 4 du bassin rizicole fait suite à la réhabilitation de plus de 1000 ha de ses terres. La bonne production du champ d’essai permettra de valoriser et rentabiliser les milliards de francs Cfa qu’il a fallu mobiliser pour niveler les parcelles et permettre une meilleure irrigation par les eaux de pluies et par les eaux du barrage de Niandouba, en culture de contre-saison.
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