Lors du 1er Forum international de Dakar portant sur «L’Afrique face aux défis de stabilité, d’intégration et de souveraineté : quelles solutions durables» -20/21 avril 2026, le choc des idées a permis de découvrir plusieurs approches différentes, entre l’un des présentateurs-animateurs et certains invités-participants.
Attendu d’emblée qu’une ouverture suppose une grande écoute, une robuste documentation et une énorme capacité de concevoir la contradiction. Et c’est en cela que la bataille des idées devient intéressante, dans un débat purement démocratique. Autrement dit, il ne s’agit point d’être un professeur pour détenir le monopole de la vérité, aux fins d’asseoir une suprématie fantaisiste et débouchant sur un supposé rang ou classe sociale. Il s’agit plutôt de sagesse, de contenu et de contenant riches en termes de réflexions.
En tout état de cause, il demeure évident que la violence verbale œuvre moins à l’élégance et , face à un déficit de courtoisie. Et que, pour résoudre certains manquements face aux enjeux de la démocratie (politiquement, diplomatiquement et socialement), il faut au moins : une once d’humilité et de rigueur.
En ce sens et ponctuellement au Sénégal, il s’agit d’un constat flagrant d’une gouvernance mitigée, entre deux entités solides . Donc, de cette lourde démarche et de cette dualité politico-étatique, les populations en subissent les conséquences nombreuses et multiformes. D’où un avenir sans aucune visibilité et économiquement sombre. Celui-ci davantage s’illustre sans lumière, à l’endroit d’une populace qui souffre le martyre, en attente d’un miracle. Et quel miracle alors !
En raison que tout ne se résume guère en des discours creux et vagues, en termes de «souveraineté» : un paradoxe, face aux enjeux du panafricanisme occulté de sa substance. En effet, ne devons-nous pas prendre en compte que «le pouvoir suprême reconnu à l’Etat implique l’exclusivité de sa compétence sur le territoire national et son indépendance dans l’ordre international où il n’est limité que par ses propres engagements». Un principe du Droit selon lequel la souveraineté jadis, dans un royaume exercé par le Roi, n’est pas la même chose que dans une République où les citoyens ont leur mot à dire. Attendu que le citoyen sénégalais est-il réellement existant dans cette nouvelle dynamique «républicaine» déjà configurée ? Est-ce qu’il s’y retrouve ?
Attendu que le citoyen, donc, jouit du droit de cité. Il doit se sentir comme un membre qui bénéficie de ses prétentions, dans un Etat organisé, et considéré du point de vue de ses droits légitimes, de ses droits civils et de ses droits politiques . Est-ce le cas ? Que pris sous cet angle-là, le citoyen doit se sentir protégé dans un régime politique dans lequel le Peuple exerce sa pleine souveraineté lui-même, sans l’intermédiaire d’un organe représentatif (une démocratie directe) ou par des représentants interposés (une démocratie représentative). Alors, dans quelle sorte de régime vivons-nous ? Notre liberté est-elle entravée ? Sommes-nous soumis à la servitude, à la captivité, à une liberté surveillée ou embrigadée ? Sommes-nous dans la contrainte, sans aucune possibilité de nous exprimer selon nos propres choix ?
Or, nous dépendons et vivons dans le cercle d’une mondialisation actée. Une extension qui intéresse la terre tout entière. Personne n’a le droit de s’y exclure. Pouvons-nous vivre de nos seules ressources naturelles ? Si oui, comment le faire en s’isolant ? Que sous cet aperçu-là, l’Afrique, composée par des nations libres, est-elle en mesure de partager un pan de sa «souveraineté» ; et qu’entendons-nous par souveraineté ? C’est pourquoi il y a bien lieu d’éviter des actes suspects tendant à minimiser toute Nation avec qui nous partageons la même cause… en termes de communication, de sensibilisation, de diplomatie universelle et d’informations communes, par exemple. Est-ce une curieuse manière de penser être au-dessus des autres ?
Ibrahima Khalil MENDY
Président des permanents Cnts
& Sg du Syntips/Cnts