Le gouvernement du Sénégal, en partenariat avec le Groupe de la Banque mondiale, a lancé hier le Pacte AgriConnect Sénégal. Cette nouvelle initiative vise à «transformer les systèmes agroalimentaires du pays et à améliorer la sécurité alimentaire de millions de Sénégalais».

Par Justin GOMIS – Pour transformer son secteur agricole, le Sénégal, en partenariat avec la Banque mondiale, vient de lancer une nouvelle initiative dénommée «Pacte AgriConnect». Ce pacte «constitue un dispositif de mise en œuvre harmonisée mobilisant le gouvernement du Sénégal et le Groupe de la Banque mondiale, à travers l’Association internationale de développement (Ida), la Société financière internationale (Ifc) et l’Agence multilatérale de ga­rantie des investissements (Miga), ainsi que les partenaires techniques et financiers, le secteur privé et les organisations de producteurs».

Selon le vice-président pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre de la Banque mondiale, «il soutient l’opérationnalisation de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050 dans ses aspects de création d’emplois et de souveraineté alimentaire. Il traduit une ambition simple mais exigeante : l’agrégation des exploitations agricoles en sociétés coopératives dynamiques sur les chaînes de valeur prioritaires, notamment les céréales, l’horticulture et l’élevage, pour faciliter leur accès aux marchés, aux innovations et technologies, et aux services financiers». Ousmane Diagana d’indiquer qu’«AgriConnect se distingue par sa capacité à aligner trois leviers qui, trop souvent, avancent séparément. Tout d’abord, l’initiative entend investir dans les fondations du secteur. Cela signifie des aménagements hydro-­agri­coles performants, des infrastructures de stockage et de chaîne du froid, une meilleure connectivité énergétique et routière, mais aussi des compétences, de la recherche et une infrastructure numérique publique capable de suivre les campagnes agricoles en temps réel, de mieux cibler les producteurs et de diffuser les services de conseil». Ensuite, poursuit-il, le pacte «accompagne des réformes structurantes. Il s’agit de moderniser la gouvernance et la coordination des interventions dans le secteur, de réformer les dispositifs de subventions aux intrants grâce au numérique, de renforcer le service semencier, d’améliorer la sécurisation foncière et de professionnaliser les organisations de producteurs, en particulier les coopératives agricoles communautaires, afin qu’elles deviennent de véritables plateformes économiques.

Enfin, AgriConnect place la mobilisation du capital privé au cœur de la transformation. Il s’agit en particulier de réduire les risques, d’améliorer la bancabilité des projets, et de créer les conditions pour que les établissements financiers, les agro-industries, les investisseurs, les assureurs et les entreprises technologiques investissent durablement dans les chaînes de valeur agricoles».

Et en termes d’impact, «le Pacte AgriConnect vise à assurer plus de 90% de sécurité alimentaire au niveau national et à créer 800 000 emplois formels dans le secteur agricole d’ici 2029. Parmi les objectifs fixés, figurent l’augmentation du taux de couverture en céréales de 48 à 78%, l’autosuffisance en riz portée à 64%, et l’établissement de 100 coopératives agricoles communautaires à travers le pays».

Le ministre de l’Agriculture, de la souveraineté alimentaire et de l’élevage voit ainsi «AgriConnect non seulement comme une plateforme opérationnelle permettant de mener des projets structurants et bancables, notamment dans les chaînes de valeur prioritaires, en cohérence avec la Vision Sénégal 2050 et nos stratégies sectorielles, mais aussi comme un cadre de convergence favorisant la synergie entre Etats, producteurs, secteur privé et partenaires techniques et financiers, avec un objectif commun : bâtir une agriculture compétitive, inclusive et souveraine». «Ensemble, unis dans l’action, nous pouvons faire d’Agri­Connect une étape décisive vers cet objectif», a martelé Dr Mabouba Diagne.

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