Le sort de Lassana Kanté, coordonnateur de Taxawu Senegaal à Tambacounda, est désormais entre les mains de la Justice. Jugé ce mercredi en correctionnelle, le responsable politique devra attendre le 4 février pour connaître le verdict. Face à un réquisitoire sévère du Parquet, Khalifa Sall, venu soutenir son poulain, a dénoncé une instrumentalisation de la Justice à des fins politiques.
Par Abdoulaye FALL – Un procès marqué par des exceptions de nullité. Poursuivi pour «propos désobligeants» et «diffusion d’images» visant une autorité exerçant des prérogatives du chef de l’Etat, Lassana Kanté a fait hier face aux juges du Tribunal de grande instance de Tambacounda. Dès l’ouverture de l’audience, ses quatre avocats ont soulevé une exception de nullité de la procédure. La défense a fustigé les conditions de son interpellation le 15 janvier dernier à l’Aibd, soulignant que l’objet de son arrestation ne lui avait pas été notifié durant les premiers jours de sa garde à vue. Bien que le Tribunal ait pris acte de cette requête, les débats de fond ont tout de même eu lieu.
Un réquisitoire sévère malgré les dénégations
A la barre, le mis en cause a nié en bloc les faits qui lui sont reprochés. Une ligne de défense qui n’a pas infléchi la position du Ministère public. Le procureur, se montrant intransigeant, a requis une peine d’un an d’emprisonnement dont six mois ferme. La tentative des conseils de Lassana Kanté d’obtenir une liberté provisoire s’est également heurtée au refus catégorique du Parquet. Le Tribunal a finalement fixé le délibéré au 4 février prochain.
Khalifa Sall : «Il faut arrêter la judiciarisation de la vie politique»
Présent au Tribunal pour soutenir son coordonnateur, Khalifa Sall n’a pas caché son indignation lors d’un face-à-face avec la presse. Le leader national de Taxawu Senegaal a qualifié les délits de «tirés par les cheveux». «Le débat politique est un jeu. Le Parquet n’a pas à s’y mêler. Le pays traverse suffisamment de difficultés pour ne pas en rajouter. Je suis fier de Lassana Kanté, qui supporte son sort de manière stoïque. Il ne devrait même pas être en prison», a martelé l’ancien maire de Dakar. Tout en appelant à la fin de la «judiciarisation de la scène politique», Khalifa Sall a conclu sur une note d’optimisme, espérant que la teneur des débats permettra à son collaborateur de recouvrer la liberté dès le 4 février.
Lassana Kanté avait été interpellé le 15 janvier dernier à l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour le Mali. Il avait ensuite été transféré à Tambacounda pour répondre aux poursuites engagées par le procureur de la République.
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