Diomaye moy Sonko. Ce qui n’était qu’un slogan de campagne est devenu une réalité brutale : deux visages, une seule obsession : le pouvoir. Leurs ambitions trônent au sommet d’un Etat en fête permanente, écrasant sans scrupule les préoccupations d’un Peuple qui suffoque. Pendant que le Sénégalais ordinaire s’épuise à «chercher le diable pour lui tirer la queue», nos autorités ont déjà la tête à 2029. Une projection indécente dans un pays où le présent brûle.

Le paroxysme du mépris : deux heures de vide sidéral

Le sommet de ce décalage a été atteint lors de ce récent «face-à-face» médiatique. Celui qui détient pourtant le pouvoir suprême de nomination aux emplois civils et militaires s’est offert quasiment deux tours d’horloge de monologue narcissique, sans nous projeter la moindre solution, sans une seule mesure d’urgence pour le panier de la ménagère. Deux heures de communication politique stérile là où le Peuple attendait un plan de sauvetage. A un moment aussi solennel, s’enfermer dans cette rhétorique sans vision structurante n’est plus de l’amateurisme, c’est un abandon de poste.

L’économie à genoux, la propagande à plein régime

Les chiffres hurlent la défaillance. Alors qu’on nous promettait l’Eden avec une croissance entre 6, 7% et 8, 4%, nous voilà projetés dans une chute libre s’établissant à 2, 5%. Un pays très pauvre, lourdement endetté, et désormais économiquement paralysé. Mais qu’importe la faillite, pourvu qu’il y ait le show ! Du Grand Théâtre à Dakar Arena, du Stade Caroline Faye aux «tera meetings», le pays est pris en otage par une campagne électorale permanente. C’est une insulte : s’offrir le luxe des bains de foule quand le secteur privé agonise et que le Btp est mis à mort.

L’abandon des forces vives : paysans et étudiants – l’impréparation est devenue la doctrine de ce tandem

Le monde rural : à quelques encablures de l’hivernage, les paysans sont laissés à eux-mêmes, sans intrants, sans accompagnement. On nous parle de souveraineté alimentaire, mais l’anxiété gagne les zones inondables où rien n’est prêt.

Le chômage : il est endémique et galopant, atteignant désormais plus de 27% en milieu rural et 23% en milieu urbain.

L’Université : le tableau est insupportable. Des étudiants affamés font la queue devant les restaurants, recevant des gaz lacrymogènes en guise de bourses, pendant que nos leaders peaufinent leurs prochaines tournées.

L’horizon 2029 : la condamnation à l’enfer

La Tabaski arrive et avec elle, le spectre de la misère. Pouvoir d’achat en lambeaux, risques d’approvisionnement… mais aucune anticipation. La pêche se meurt, le tourisme est quasi inexistant et nos hôpitaux sont devenus des mouroirs faute de moyens. En milieu rural, le minimum vital, faire des dizaines de kilomètres pour une école ou un soin, reste un rêve lointain.

Pendant ce temps, ils ne jurent que par 2029. En agissant ainsi, le tandem condamne les Sénégalais à vivre l’enfer d’ici 2029. Dans un monde en pleine compétition où chaque seconde compte, le Sénégal s’apprête à perdre cinq bonnes années à cause de calculs politiciens.

Pour un gouvernement de transition

Le Sénégal n’a pas besoin d’un duo préoccupé par sa survie politique. Puisqu’ils ont déserté les urgences du Peuple, faisons en sorte que ce mandat ne soit qu’un gouvernement de transition. Un simple intermède pour solder les erreurs et ouvrir, enfin, une nouvelle ère en 2029. Un pouvoir tourné vers lui-même est toujours un pouvoir tourné contre son Peuple. Il est temps que l’ambition d’une Nation reprenne le dessus sur l’ambition de deux hommes.

Moussa NIANG

Délégué national à la Vie

politique de Guem Sa Bopp, les jambaars