Revoir le montant de la caution de rapatriement que paient les étrangers résidant au Sénégal, c’est l’ambition des autorités sénégalaises. Le processus de révision est en cours, selon le Directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (Cdc), Fadilou Keïta, qui rencontrait hier, les opérateurs économiques, à la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar (Cciad).
Par Dialigué FAYE – La Caisse des dépôts et consignations (Cdc) œuvre à mobiliser davantage de ressources pour accompagner l’Etat dans ses politiques publiques. Pour cela, elle est en train de créer de nouvelles filiales, mais également de trouver d’autres niches à exploiter. Parmi lesquelles, la caution de rapatriement payée par les étrangers résidant au Sénégal.
Le Directeur général de la Cdc a annoncé qu’ils sont en train de travailler sur un projet de révision de cette caution de rapatriement. «Le montant de cautionnement était fléché sur le billet d’avion pour les candidats au retour, en cas de rapatriement. Les montants avaient été fixés en 1974. Le billet d’avion coûtait 75 mille francs Cfa. Donc, il est normal qu’en 2025, que l’on pense à rehausser ces montants qui constituent les opérations les plus récurrentes à la Cdc. Imaginez que ce montant soit multiplié par trois ou quatre, forcément les ressources de la Cdc en seraient plus confortées, et ceci permettrait d’accroître la force d’impact et l’intervention de la Cdc dans tous les segments de l’économie sénégalaise», considère Fadilou Keïta. Il intervenait hier, lors d’une rencontre avec les opérateurs économiques à la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar (Cciad).
Une rencontre visant, d’après le président de la Cciad, Abdoulaye Sow, à «mieux faire connaître la Cdc, expliquer ses missions, ses instruments et ses opportunités, et surtout renforcer le dialogue entre l’institution et les acteurs économiques», en présence de présidents des chambres consulaires régionales.
M. Keïta rappelle que l’année 2026 a été décrétée par le chef de l’Etat comme étant l’année de l’emploi, de l’économie sociale et solidaire. D’où l’intérêt, selon lui, de collaborer avec les présidents des chambres de commerce pour investir dans les terroirs et faire en sorte que les citoyens puissent recevoir ce que l’Etat consent comme effort pour leur épanouissement, leur essor économique et social.
En termes de mobilisation de ressources, le Dg assure qu’en 2025, ils ont battu tous les records de la Cdc. «Nous ne sommes pas loin des 140 milliards de francs Cfa, contre 91 milliards l’année précédente. Dans l’utilisation des ressources, nous avons effectué des prises de participation dans des sociétés nationales en difficulté, nous avons été sollicités pour participer aux Appels publics à l’épargne (Ape) lancés par l’Etat du Sénégal. Pour les trois opérations, nous avons émis des offres de cinq milliards de francs Cfa par opération, soit un montant total de 15 milliards de francs Cfa. Dans le cadre de la campagne de commercialisation de l’arachide, nous avons aussi soutenu la Sonacos.
Un grand bond a été réalisé dans la mobilisation de ressources, mais aussi dans leur utilisation, nous avons appuyé l’Etat», a-t-il expliqué.
La Cdc veut monter une filiale agricole
La Cdc, si l’on en croît son patron, ne s’arrêtera pas en si bon chemin. «Il a été jugé opportun par les autorités, de monter une filiale agricole. Cette entité sera spécialisée dans le domaine de l’agriculture et de l’élevage. Les deux éléments constitutifs de son business plan sont l’élaboration de périmètres agricoles, mais aussi la création d’entrepôts de stockage. Tout cela entre dans le cadre de l’accompagnement des politiques publiques. Et nous n’allons pas réinventer la roue. Nous allons passer par le Programme des domaines agricoles (Prodac), l’Agence nationale d’insertion et de développement agricole (Anida) et les autres structures de l’Etat qui travaillent dans le segment agricole», indique Fadilou Keïta.
A cet égard, souligne le président de La Cciad, «la Caisse des dépôts et consignations joue un rôle stratégique. Elle constitue un outil public de confiance, chargé de recevoir, sécuriser et gérer des fonds d’origine diverse, tout en contribuant au financement de projets d’intérêt général et au soutien de l’économie nationale».
M. Sow et ses collègues se réjouissent ainsi des échanges, car ils s’inscrivent parfaitement dans les missions des chambres de commerce : «Informer, accompagner et défendre les intérêts du secteur privé, tout en favorisant une collaboration saine et durable avec les institutions publiques.»
Abdoulaye Sow réaffirme «l’engagement de la Chambre de commerce de Dakar à rester un pont entre l’Etat et le secteur privé, un espace de concertation et un partenaire actif du développement économique». Il souhaite que ces travaux de cette journée débouchent sur une meilleure appropriation des mécanismes de la Cdc, et sur des perspectives concrètes de collaboration au bénéfice des entreprises et de l’économie nationale.
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