L’annonce d’une rencontre entre Macky Sall, le Président Bassirou Diomaye Faye et Karim Wade fait déjà couler beaucoup d’encre. Si cette rencontre est avérée, faut-il pour autant crier au scandale ? Rien n’interdit à des responsables politiques de se parler, quelles que soient leurs divergences. Les discussions entre acteurs politiques sont une pratique normale dans toutes les démocraties.
Ce qui étonne davantage, c’est la réaction de certains militants qui semblent considérer tout dialogue comme une trahison. Depuis quand le Sénégal doit-il vivre dans la haine permanente ? Depuis quand la politique consiste-t-elle à refuser toute rencontre avec un adversaire ?
Le Peuple sénégalais aspire à autre chose. Il veut la paix, la stabilité, des emplois pour les jeunes, une école performante, un système de santé efficace et un pouvoir d’achat amélioré. Les Sénégalais ne mangent ni les polémiques sur les réseaux sociaux ni les règlements de comptes politiques.
La démocratie repose aussi sur la capacité des dirigeants à dialoguer, même lorsqu’ils se sont affrontés hier. L’histoire politique du Sénégal regorge de rencontres entre adversaires qui ont permis de préserver la stabilité nationale. Se parler n’est pas capituler ; c’est parfois faire preuve de responsabilité.
Ceux qui s’arrachent les cheveux à chaque poignée de main ou à chaque audience devraient comprendre qu’un pays ne se construit pas dans la vengeance permanente. Gouverner exige du sang-froid, de la hauteur, et parfois des échanges avec ceux que l’on combat politiquement.
Le Sénégal n’a pas besoin d’une guerre civile des émotions entretenue par quelques extrémistes politiques. Il a besoin de réconciliation, de dialogue et d’une classe politique capable de mettre l’intérêt national au-dessus des passions partisanes.
Que chacun défende ses convictions, oui. Mais que personne ne transforme la politique en religion où toute discussion avec l’adversaire devient un péché. Les institutions sont plus fortes que les humeurs des militants.
Le Sénégal de demain se bâtira par le dialogue, le respect des différences et la recherche de solutions concrètes, non par la haine, les insultes ou les règlements de comptes sans fin.
Mamadou Biguine GUEYE
Diomaye Président
