Réunis ce 20 août 2026 lors d’une journée de travail marathon avec le ministre Alain Diouf, les membres du Club des investisseurs sénégalais (Cis) ont réaffirmé leur volonté de devenir le partenaire de référence de l’Etat. Avec un portefeuille de 16 projets structurants représentant près de 1195 milliards F Cfa d’investissements et 32 000 emplois attendus, le patronat local passe à l’offensive pour accélérer la transformation économique de la Nation sans peser sur les finances publiques.
Par Justin GOMIS – Une immersion inédite et de haut niveau au cœur du secteur privé national. Ce jeudi 20 août 2026, de 9h 30 à 19h 30, le ministre auprès du président de la République chargé du Suivi, du pilotage et de l’évaluation de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, M. Alain Diouf, a conduit une intense journée de travail au siège du Club des investisseurs sénégalais (Cis). Cette rencontre avait un objectif clair : examiner les projets majeurs portés par l’expertise et le capital locaux et sceller une articulation parfaite avec les priorités stratégiques de l’Agenda Sénégal 2050.
La haute délégation gouvernementale témoignait de la centralité stratégique de la rencontre. Le ministre était entouré du professeur El Hadji Mounirou Ndiaye, ministre conseiller et coordonnateur du Bureau d’équipement et de suivi des projets prioritaires (Beppp), du professeur Babacar Sène, représentant le ministère de l’Economie, du plan et de la coopération, du Directeur général de l’Apix, M. Bacary Séga Bathily, ainsi que du représentant du Directeur général du Bocq, M. Alpha Sow.
Cette séance de travail s’inscrit dans un contexte particulier de renouveau pour le patronat local. Installé le 20 juin 2026, le nouveau bureau du Cis s’est doté d’un ambitieux plan stratégique à l’horizon 2030. Présentant cette feuille de route, le président du Cis, M. Amadou Ly, a affirmé la détermination du club à concentrer prioritairement ses efforts, sur la période 2026-2028, sur la structuration et l’exécution de projets à fort impact social et économique. «Notre ambition est claire : il s’agit de passer résolument du plaidoyer à l’action et de démontrer, par des réalisations concrètes sur le terrain, la capacité opérationnelle et financière des investisseurs sénégalais à bâtir l’avenir du pays», a souligné M. Amadou Ly.
Outre les mégaprojets industriels et d’infrastructures, les échanges ont accordé une place centrale à la préparation de la relève entrepreneuriale. Le Cis a officialisé son projet de déployer des mécanismes concrets d’accès au financement pour les jeunes et les femmes entrepreneurs. Ce dispositif s’appuiera sur la création d’un fonds d’amorçage dédié, couplé à des programmes rigoureux de mentorat, de conseil et d’accompagnement technique. L’ambition partagée est de faire émerger une nouvelle génération de champions économiques nationaux.
Une nouvelle feuille de route stratégique axée sur l’impact
Le portefeuille présenté par le Cis témoigne de la vigueur du capital privé national : 16 projets structurants portés par 13 investisseurs sénégalais, tous membres du Cis, 1195 milliards F Cfa d’investissements potentiels mobilisés, près de 32 000 emplois directs et indirects attendus, 278 milliards F de recettes fiscales estimées sur les 5 premières années d’exploitation.
Au cours de la journée, les 13 promoteurs ont présenté tour à tour leurs projets. Chaque dossier a fait l’objet d’un examen minutieux aux côtés de la délégation ministérielle afin d’identifier les goulots d’étranglement techniques et administratifs.
Les requêtes formulées par les investisseurs ne visent pas de subventions publiques, mais portent essentiellement sur le foncier et les autorisations : la sécurisation des assises foncières et la délivrance accélérée des autorisations administratives ; la réglementation et les agréments avec octroi rapide des agréments, certifications et exonérations fiscales ou douanières prévues par la loi ; la fluidité administrative avec le renforcement de la coordination interministérielle et l’application stricte du principe de préférence locale partout où la compétence nationale existe.
L’un des enseignements majeurs de cet exercice réside dans le constat partagé que la grande majorité des blocages identifiés peut être levée sans aucun engagement financier direct de l’Etat, par la seule rationalisation des procédures administratives.
Pour pérenniser ces acquis, la création d’un cadre permanent de concertation et de suivi entre l’administration et le Cis a été scellée. Ce mécanisme permettra de maintenir un dialogue constant, d’assurer le suivi des engagements mutuels et de débloquer en temps réel les contraintes administratives résiduelles.
Clôturant la rencontre, le ministre Alain Diouf a transmis les encouragements chaleureux du président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, réaffirmant l’orientation stratégique du gouvernement : un pilotage des politiques publiques strict guidé par les impacts économiques et sociaux. «Ma plus grande satisfaction est de constater que ces projets majeurs ne sollicitent ni le budget de l’Etat ni de deniers publics. Nos investisseurs disposent de projets bancables, déjà financés ou en cours de finalisation. L’Etat jouera pleinement son rôle de facilitateur déterminé pour concrétiser Sénégal 2050», a déclaré le ministre Alain Diouf.
En concrétisant cette alliance refondée entre souveraineté économique et capital national, l’Etat et le Cis ouvrent une nouvelle ère où la prospérité du Sénégal s’écrira par l’action collective, la rigueur et l’investissement productif.
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