L’Agence nationale d’électrification rurale (Aner), en collaboration avec la Coopération allemande à travers la Giz, veut promouvoir les systèmes de pompage solaire communautaire dans le bassin rizicole de l’Anambé. Cette initiative vise à réduire les coûts de l’accès à l’eau, à améliorer la compétitivité des producteurs et à soutenir la transition énergétique dans un contexte de changement climatique.
Par Abdoulaye KAMARA(Correspondant) – «Face à l’augmentation des coûts de l’énergie, aux contraintes liées aux systèmes de pompage conventionnels et aux effets du changement climatique sur les activités agricoles, le solaire offre une opportunité particulièrement intéressante», a d’emblée enseigné Mme Mame Diarra Diouf, Conseillère technique à la Giz. Elle intervenait, jeudi passé, dans un atelier de concertation sur le déploiement des systèmes de pompage solaire dans la région de Kolda. Organisé par l’Agence nationale d’électrification rurale (Aner) dans un réceptif hôtelier de Vélingara, l’atelier avait réuni des groupements de producteurs du bassin de l’Anambé, des maraîchers, des éleveurs, des acteurs économiques, des techniciens de l’Etat, ainsi que des autorités administratives et territoriales de l’arrondissement de Saré Coly, situé dans le département de Vélingara.
Pour appuyer les propos de Mme Diouf sur la pertinence de l’usage des énergies renouvelables pour la résilience agricole, le Dg de l’Aner, le professeur Diouma Kobor, a ajouté : «Le pilier de la sécurité alimentaire dans l’Agenda 2050 est l’agriculture. Une agriculture durable qui n’est pas basée seulement sur les cultures de pluie, qui peut être sujette à des aléas climatiques. Donc nous voulons une agriculture durable, résiliente, qui passe par l’accès à l’eau à bas coût et tout le temps. Cela exige l’utilisation d’une ressource fondamentale qui n’est pas vendable, qui appartient à tout le monde et pour laquelle il n’y a pas possibilité de décréter un embargo. Nous voulons valoriser ce potentiel qu’est le soleil.»
Les techniciens de la Giz et de l’Aner ne savaient pas si bien dire. Ils ont trouvé une oreille attentive auprès des producteurs agricoles du Fouladou, surtout ceux du bassin de l’Anambé, qui ont peiné à occuper la totalité de leurs prévisions d’emblavures en culture irriguée pour la présente contre-saison, du fait du coût élevé de l’eau. Moutarou Sabaly, président de l’Union des producteurs du secteur G de l’Anambé, a déclaré : «Pour cette contre-saison, nous avions pour ambition d’emblaver 520 ha. Le coût de l’énergie pour l’irrigation devait être facturé à 21 millions de francs Cfa. Une somme dissuasive que nous n’avons pas pu réunir auprès de notre banque partenaire. Résultat, nous y sommes allés en rangs dispersés. Ce qui a réduit la surface exploitée à 400 ha. Cette initiative de pompes solaires nous donne beaucoup d’espoir. L’acquisition des pompes devait être facilitée pour les forages ruraux, ainsi que pour les stations de pompage dédiées à l’agriculture irriguée.»
Les éleveurs et les maraîchers ont également déploré le coût élevé de l’eau des forages ruraux pour le breuvage de leurs bêtes et l’arrosage de leurs plantes en saison sèche. L’atelier a permis aux différentes parties prenantes d’exprimer leurs besoins, de partager leurs préoccupations et d’examiner les solutions susceptibles de garantir une utilisation durable et communautaire des équipements.
L’adjointe du Préfet du département, Mme Ndèye Sall, qui a présidé la rencontre, a exhorté les acteurs locaux à tirer profit des opportunités offertes par ce projet pour augmenter leurs productions agricoles et participer au renforcement de la souveraineté alimentaire dans un contexte de changement climatique.
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