Le magistrat Abdoul Madjib Guèye a officiellement pris les rênes de la Cour des comptes ce jeudi, lors d’une audience solennelle à Dakar. Succédant à Mamadou Faye, ce haut fonctionnaire au parcours exceptionnel commence un mandat de cinq ans axé sur la modernisation, la digitalisation et la transparence. Devant un parterre de personnalités nationales et internationales, le nouveau Premier président a décliné ses cinq grandes priorités pour consolider le rôle crucial de l’institution dans le contrôle des finances publiques et la bonne gouvernance.
C’est le début d’une nouvelle ère pour l’institution supérieure de contrôle des finances publiques. Ce jeudi, l’audience solennelle d’installation de Abdoul Madjib Guèye en tant que Premier président de la Cour des comptes a réuni de prestigieux invités, parmi lesquels le ministre de l’Economie, des finances et du plan, Cheikh Diba, ainsi que de nombreuses autorités judiciaires, diplomatiques et des représentants d’institutions homologues africaines.
La nomination de Abdoul Madjib Guèye est unanimement saluée comme le choix de l’expérience et de la continuité. Mamadou Thiao, président de la Chambre des affaires administratives de la Cour, a retracé avec admiration le parcours de ce magistrat émérite qui totalise près de quarante années de carrière dont plus de trente ans entièrement voués au contrôle des deniers publics. De l’élaboration des textes fondateurs de la Cour à ses fonctions de Secrétaire général puis de président de chambre, le nouveau Premier président connaît les moindres rouages de cette maison. A ce titre, le Procureur général près la Cour, Fara Mbodj, a rappelé que ce choix traduit une volonté politique forte de renforcer les organes de contrôle de l’Etat et de promouvoir une gestion publique transparente. Un hommage appuyé a également été rendu au président sortant, Mamadou Faye, salué pour ses réformes d’envergure et l’élaboration du Plan stratégique 2026-2030.
Conscient de l’immensité de sa tâche dans un contexte où les citoyens exigent plus de redevabilité, Abdoul Madjib Guèye a profité de sa tribune pour décliner les cinq priorités stratégiques qui guideront son mandat de cinq ans (renouvelable) comme le pilotage rigoureux du Plan stratégique 2026-2030 : le nouveau Premier président veut mettre en place un dispositif performant de suivi-évaluation pour mesurer en temps réel l’atteinte des objectifs de la Cour.
La professionnalisation des acteurs passera par une formation continue accrue des magistrats et des assistants de vérification, l’harmonisation des pratiques de contrôle et une meilleure gestion des carrières. Sans oublier une gouvernance interne exemplaire : pour asseoir la légitimité de l’institution, M. Guèye entend moderniser la gestion interne en insistant sur le contrôle interne, l’actualisation du cadre juridique et l’évaluation par les pairs. Bien décidée à s’inscrire dans l’ère du temps, la Cour des comptes va accélérer sa transformation numérique en intégrant progressivement l’Ia pour optimiser l’efficacité et la qualité des audits.
Par ailleurs, il estime qu’une communication institutionnelle de proximité se traduira par une publication plus régulière des rapports publics, le développement de rapports thématiques ciblés et un dialogue renforcé avec toutes les parties prenantes. «La Cour des comptes joue un rôle essentiel dans la sauvegarde du patrimoine public, la transparence des finances publiques, l’évaluation des politiques publiques et la promotion de la bonne gouvernance», note Mamadou Thiao, président de la Chambre des affaires administratives.
Tout en saluant l’héritage de ses prédécesseurs qui ont bâti le prestige de l’institution à l’échelle nationale et internationale, le nouveau Premier président a invité l’ensemble des collaborateurs à se mettre immédiatement au travail. «J’invite les membres et agents de la Cour à prendre pleinement leurs responsabilités respectives dans la mise en œuvre de ce plan issu de leurs réflexions collectives», a-t-il exhorté avec fermeté. Face aux défis de l’administration moderne, la Cour des comptes sénégalaise s’arme ainsi d’une vision claire pour garantir que chaque franc public soit dépensé dans l’intérêt exclusif des populations
