Le projet Nutrition in city ecosystems (Nice) lance sa phase 2. Présente au Kenya et au Rwanda, le projet s’implante au Sénégal désormais. Les communes de Bambilor et Kaffrine ont été choisies pour transformer les systèmes alimentaires locaux et réduire la malnutrition urbaine.

Par Malick GAYE – Un projet de quatre ans ancré dans les territoires. La phase 2 du projet Nutrition in city ecosystems (Nice) se distingue de la première phase, mise en œuvre au Kenya, au Rwanda et au Bangladesh, par une approche inédite : les collectivités territoriales ne sont plus de simples relais d’exécution, mais les protagonistes centraux du dispositif. C’est l’une des innovations majeures soulignées par Mbaye Sène, Secrétaire exécutif du Conseil national de développement de la nutrition (Cndn). «L’inno­vation avec ce projet, c’est que sa porte d’entrée, ce sont les collectivités territoriales», soutient-il. Aux côtés des communes, le projet associe des institutions de recherche et de formation, notamment l’Uni­versité Sine-Saloum, des organisations de la Société civile, ainsi que des producteurs locaux. L’ensemble de ces acteurs sont mobilisés autour d’une vision commune : promouvoir des systèmes alimentaires résilients, fondés sur l’agroécologie, les circuits courts et une meilleure articulation entre production locale et consommation urbaine.

Selon Amanda Amann, représentante de la Coopération suisse, le projet s’articule autour de quatre objectifs principaux : le renforcement de la gouvernance des systèmes alimentaires dans les villes ciblées, l’augmentation de la disponibilité des aliments, le développement de la demande pour une alimentation équilibrée et l’échange d’expériences entre villes, à l’échelle nationale et continentale. Pour Mbaye Sène, l’enjeu est fondamental : il s’agit de permettre aux populations d’avoir accès à une alimentation saine et abordable, composée d’aliments nutritifs et sûrs, produits localement selon des pratiques agroécologiques durables.

Le choix de ces deux communes n’est pas anodin. Bambilor, en pleine expansion démographique aux portes de Dakar, incarne les défis nutritionnels des périphéries urbaines en croissance rapide. Kaffrine, quant à elle, dispose d’un fort potentiel agricole qui en fait un terrain propice à l’expérimentation de modèles agroalimentaires reproductibles. Ensemble, elles constituent un laboratoire représentatif des réalités des villes secondaires africaines. Le lancement officiel intervient après des ateliers multi-acteurs tenus en février 2026 dans les deux communes, qui avaient permis de co-définir les priorités locales avec l’ensemble des parties prenantes.

Le Secrétaire exécutif du Cndn a exprimé l’ambition d’étendre, à terme, ce projet à d’autres collectivités territoriales, en cohérence avec les nouvelles politiques de territorialisation des politiques publiques au Sénégal. Les premiers résultats concrets sont attendus dans les prochains mois, notamment en matière de renforcement des capacités locales et de dynamisation des filières agroalimentaires. Le projet Nice phase 2 s’aligne ainsi sur les priorités nationales en matière de sécurité alimentaire, de nutrition et de développement durable, tout en s’inscrivant dans une dynamique de coopération internationale axée sur les résultats de terrain.

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