Par Amadou Mbodji – Dans le domaine de la mode, une nouvelle solution est née. Il s’agit de la plateforme Maket. Lancée officiellement dans le cadre du Mois de l’environnement en partenariat avec l’Institut français et la Der/fj, cette start-up sénégalaise vise à promouvoir et structurer la mode circulaire au Sénégal. Fatou Dieng, la Directrice générale et co-fondatrice, explique que l’idée de cette plateforme découle du fait de l’absence d’un espace structuré destiné à la promotion des designers africains. «Les designers africains n’avaient pas de vitrine à l’étranger. Donc, nous avons décidé de leur offrir une opportunité en créant cette plate-forme Maket, pour montrer au monde entier que les designers africains font de belles choses et qu’ils méritent d’être connus», justifie l’ingénieure en informa-tique, qui a travaillé dans le domaine bancaire pendant plus d’une dizaine d’années, devenue aujourd’hui entrepreneure.

A travers cette plateforme, Mme Dieng ambitionne aussi de permettre aux consommateurs de donner une nouvelle vie aux vêtements qu’ils ne portent plus. La start-up propose des pièces de créateurs et de seconde main de

«qualité». Ainsi, arguent les pro-moteurs, «Maket s’impose comme un véritable levier de transformation nationale pour le Sénégal à travers un triple impact stratégique.

Sur le plan environnemental, la plateforme apporte une réponse concrète et immédiate au défi du gaspillage textile en réduisant l’empreinte carbone et la surconsommation d’eau à l’échelle locale. Sur le plan économique, elle structure une économie circulai-re endogène, devenant un accélérateur de visibilité unique pour valoriser le savoir-faire des créateurs et designers sénégalais. Enfin, cette initiative opère une mutation culturelle majeure en

modernisant durablement l’image de la seconde main, désormais érigée en un arbitrage de consommation citoyen, élégant et conscient».

La directrice des opérations de Maket précise que leur ambition dépasse la simple création d’une plateforme numérique. «Nous voulons changer un réflexe, à savoir qu’on n’ait plus directement le réflexe d’aller acheter des habits neufs, mais de pouvoir revaloriser ce qu’on a déjà à la maison», a déclaré Aminata Valeria Guèye. Qui présente la plateforme comme une initiative portée par une équipe pluridisciplinaire, accompagnée par des experts et entrepreneurs partageant la même vision autour d’une mode plus responsable.

Maket incarne la conviction que «la mode peut allier élégance, conscience écologique et fierté identitaire, en parfaite adéquation avec les aspirations de la nouvelle génération». La cérémonie de lancement, dénommée

«Yeesal : la mode qui renaît», a réuni acteurs de la mode, entrepreneurs, créateurs, partenaires techniques et financiers, entre autres, dans les jardins de la Galerie Le Manège de l’Institut français de Dakar.

ambodji@lequtidien.sn