En marge du lancement du think Tank de la Coalition «Diomaye Président» tenu mardi, Aminata Touré a lancé un vibrant appel aux élites du pays. Face à la montée des invectives et du populisme sur les réseaux sociaux, l’ancienne Première ministre exhorte les intellectuels à s’armer de courage pour réoccuper le champ des idées et élever le niveau du discours politique sénégalais.

Par Amadou MBODJI – Le discours politique au Sénégal a pris une tournure préoccupante ces dernières années, marquée par une recrudescence des attaques personnelles et des menaces. Cette atmosphère délétère a progressivement conduit les intellectuels à se retirer de l’espace public. Un constat que déplore Mme Aminata Touré, coordonnatrice de la Coalition «Diomaye Président». Lors du lancement officiel de la structure des cadres (think tank) de ladite coalition, mardi au King Fahd Palace, elle a invité ces derniers à reprendre leur place dans le débat national. Elle prône le courage face au «lynchage médiatique».

Pour la Haute-représentante du président de la République, ce retrait, bien que compréhensible, n’est plus une option. «Les intellectuels ont toujours façonné le discours politique. Malheureusement, ils ont choisi, quand les choses devenaient dures, de se retirer pour ne pas être insultés ou lynchés sur les réseaux sociaux. Mais il est temps qu’ils retrouvent leur courage», a martelé Mimi Touré devant un auditoire dirigé par Me Abdoulaye Tine, coordonnateur du nouveau cercle de réflexion. Selon elle, ce vide profite à une minorité organisée qui manipule l’opinion. Elle estime que les intellectuels constituent une menace pour ces intérêts obscurs, car ils possèdent la capacité d’éventrer les manipulations et d’éveiller les consciences populaires. «C’est un impératif pour nous tous, qu’ils soient dans les partis ou dans la Société civile, d’être ensemble pour discuter de notre système démocratique et économique», a-t-elle ajouté. Un modèle démocratique à préserver, insiste Mme Touré.

Mimi Touré a rappelé que le rayonnement international du Sénégal repose sur la qualité de ses ressources humaines. «Nous sommes moins de 20 millions d’habitants, mais nous raisonnons comme un pays de 200 millions. A l’étranger, on nous croit de la dimension du Nigeria. Cela est dû à la résilience de notre système et à nos intellectuels de toute obédience», a-t-elle admis. Pour perpétuer cette tradition, elle appelle à un débat de qualité axé sur les enjeux fondamentaux : éducation, santé, infrastructures et lutte contre la pauvreté. Elle a également insisté sur la nécessité du fact-checking pour contrer les fake news qui polluent les politiques publiques et freinent le développement du pays.

Défense du «bilan immatériel» de Bassirou Diomaye Faye

Au-delà de l’appel aux cadres, Aminata Touré a profité de cette tribune pour défendre les premiers pas du régime. Elle a notamment mis en avant le «bilan immatériel» du Prési­dent Bassirou Diomaye Faye, citant la stabilité retrouvée malgré un héritage financier complexe. «Il a hérité d’une situation difficile, avec notamment 4000 milliards de F Cfa à rembourser. Pourtant, il a réussi à rendre l’économie résiliente, sans aucun défaut de paiement», a-t-elle listé. Sur le plan social, elle s’est félicitée de l’élargissement du programme des bourses familiales, passé de 300 000 à 1 million de familles bénéficiaires, avec une revalorisation de l’allocation mensuelle de 25 000 à 35 000 F Cfa.

Le nouveau think tank se veut une force de proposition pour accompagner les ambitions présidentielles et préparer les échéances des trois prochaines années.