Le ministère de l’Industrie et du commerce a acté, ce vendredi, le gel immédiat des importations d’oignon et de pomme de terre. Cette mesure de régulation, calée sur le démarrage des récoltes nationales dès ce 15 janvier, vise à protéger les producteurs locaux contre la concurrence étrangère, tout en garantissant la stabilité des prix pour les consommateurs.
Le ministère de l’Industrie et du commerce a franchi une étape décisive pour la protection de l’agriculture nationale. Dans une circulaire, les autorités ont annoncé l’entrée en vigueur immédiate du gel des importations de pomme de terre et d’oignon. Cette mesure, issue des concertations tenues le 13 janvier dernier à l’Agence de régulation des marchés (Arm), marque le coup d’envoi de la campagne de commercialisation 2025-2026.
Un calendrier calé sur la récolte nationale
L’objectif est limpide : laisser la place aux produits «Made in Senegal». Selon le calendrier ministériel, la production locale de pomme de terre est déjà disponible sur les étals depuis le 15 janvier 2026. Pour l’oignon, les consommateurs devront patienter jusqu’au 15 février 2026 pour voir la production nationale dominer le marché.
Le ministère se veut rassurant quant à l’approvisionnement, notamment l’exécution des quotas : les importations ont été réalisées à hauteur de 95%. Et la disponibilité, car les stocks actuels sont jugés suffisants pour faire la jonction avec les récoltes locales.
Protéger les producteurs et les consommateurs
Au-delà de la simple régulation, cette décision vise à «sécuriser l’écoulement de la production locale» et à éviter une saturation du marché par des produits importés, ce qui nuirait gravement aux revenus des agriculteurs sénégalais.
Le ministère souligne également que cette gestion des flux est un levier essentiel pour maintenir la stabilité des prix et protéger le pouvoir d’achat des ménages contre les fluctuations excessives. «Il s’agit d’éviter une surabondance importée pendant la phase d’entrée en production locale», précise la circulaire.
Un appel à la collaboration des opérateurs
Le gouvernement ne ferme pas totalement la porte au dialogue avec les importateurs. Les opérateurs économiques ayant des cargaisons déjà en mer ou en cours d’acheminement sont invités à se rapprocher immédiatement des autorités compétentes. L’enjeu est de définir des modalités de gestion spécifiques pour ces flux afin d’éviter des pertes sèches tout en respectant l’esprit de la mesure. En appelant à la «diligence» de tous les acteurs, le ministère de l’Industrie et du commerce réaffirme sa volonté de garantir un équilibre sain entre les intérêts des producteurs, des commerçants et, in fine, du consommateur sénégalais.
