Le bras de fer entre le secteur de la santé et l’Exécutif prend une tournure radicale. Réuni en Directoire national, le Collectif de l’Alliance des syndicats autonomes de la santé (Asas) And Gueusseum rejette fermement les récentes annonces gouvernementales et exige des actes concrets avant la fin du mois, sous peine d’une escalade de la tension sociale, alors qu’elle est en grève depuis plusieurs mois, paralysant le secteur de la santé.
Par Justin GOMIS – La tension est montée d’un cran ce mercredi. En réaction au communiqué du Conseil des ministres du 15 avril 2026, And Gueusseum a opposé une fin de non-recevoir catégorique à l’élaboration d’un «Livre blanc» de justification évoqué par les autorités. Pour l’organisation syndicale, ce document n’est qu’une manœuvre dilatoire visant à «dédouaner» le gouvernement face à l’opinion publique nationale et internationale, plutôt qu’à résoudre la crise. Le collectif estime que l’heure n’est plus aux justifications, mais à l’application des engagements. Il réclame avec insistance des «livrables concrets» concernant les accords résiduels issus du passif social hérité du régime précédent.
Le message est clair : le temps des promesses est révolu. And Gueusseum a officiellement fixé un ultimatum aux autorités. Le syndicat exige que les engagements pris soient traduits en actes tangibles d’ici au 30 avril 2026. «Un Livre blanc ne saurait constituer une réponse adéquate aux attentes des travailleurs de la santé», martèle le Directoire national.
Un «Manifeste» dénonciateur pour le 1er mai
A défaut d’une réaction satisfaisante, le collectif passera à la vitesse supérieure dès la Fête du travail. La publication d’un «Manifeste» sous forme de livret gris est d’ores et déjà annoncée pour le 1er mai 2026. Ce document promet de lister «en lettres rouges» ce que le syndicat qualifie de violations flagrantes : le non-respect des conventions internationales, les atteintes à la Constitution et aux lois régissant les libertés syndicales, et le blocage du droit à la négociation collective, tant dans le secteur public que patronal.
Au-delà des revendications salariales et statutaires, And Gueusseum dresse un constat sévère de la gestion actuelle du secteur. L’organisation dénonce des «problèmes de casting et de gouvernance» au sein du ministère de la Santé et de l’hygiène publique.
Qualifiant la situation actuelle de «déliquescence», le syndicat souligne un fossé grandissant entre la réalité du terrain et les ambitions affichées dans le nouveau référentiel Sénégal 2050. Pour les syndicalistes, sans une réforme profonde du pilotage de la santé, les objectifs de développement du pays resteront lettre morte. Le compte à rebours est lancé pour le gouvernement, qui dispose de moins de deux semaines pour désamorcer une crise qui menace de paralyser le système de soins national.
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