Concernant l’oignon, le pays a dépassé les 400 000 tonnes depuis 2017.

Si on se base sur notre capacité de production en oignon et en pomme de terre, par rapport à nos besoins en consommation annuelle, on peut dire que le Sénégal est autosuffisant en ces deux spéculations. Le vrai problème, c’est le pourcentage de perte par pourriture très élevé, lequel est dû au manque d’unité de conservation adaptée pour ces produits agricoles.

Les enjeux réels dans le sous-secteur de l’horticulture, notamment celui du maraîchage, se trouvent dans la conservation des produits très prisés par les Sénégalais, et qui sont facilement périssables (pomme de terre et oignon).

Quand nous parlons des politiques agricoles, nous donnons nos avis en mettant notre honneur et notre intégrité professionnelle en avant. En tant qu’agronome praticien de la production agricole et adepte de la recherche sur l’actualité dans le secteur agricole, nous parlons pour l’intérêt du pays.

Nous avons commencé à nous impliquer dans les activités de production et de commercialisation de produits maraîchers depuis 2019. Je me rappelle ma première expérience avec l’Association des unions maraîchères dans la zone des Niayes (Aumn), que j’ai fréquentée pendant 6 mois, avant de rejoindre Matam. A l’époque, les producteurs maraîchers des Niayes se plaignaient du mécanisme inouï que les Indiens mettaient en place pour contourner le gel interne que l’Etat du Sénégal leur imposait. En effet, l’Etat du Sénégal mettait en place un système de gel des ventes, lequel imposait aux Indiens (à l’époque Senegindia, avant la filiale Swami Agri) de mettre sur le marché leur production, juste avant que la pomme de terre de nos maraîchers dans la zone des Niayes ne soit disponible sur le marché. Malgré cette mesure protectionniste, d’après les producteurs de l’Aumn à l’époque, la Senegindia semblerait contourner cette mesure de l’Etat en faisant tout pour mettre sur le marché national une quantité importante de pomme de terre.

Conséquence : au moment de la date limite, la pomme de terre des Indiens inonde le marché avec une quantité éléphantesque, qui va se chevaucher avec les produits des producteurs locaux, et à des prix très bas. Situation qui impacte la vente de la pomme de terre de nos petits exploitants maraîchers, surtout ceux qui sont dans les Niayes. J’ai même assisté à une conférence de presse de l’Aumn à l’époque (2019), et les représentants des producteurs fustigeaient cette pratique des Indiens.

Donc malgré les mesures prises à l’époque, il y avait des supposés contournements, à plus forte raison que ces mesures protectionnistes ne soient pas prises ou qu’elles soient négligées.

Les Indiens (Swami Agri) et al. sont des agrobusiness, ils sont actuellement à une capacité de conservation high tech de l’ordre de 115 mille tonnes, moyens dont nos agriculteurs ne disposent pas. Ils doivent impérativement être soumis à un quota en termes de quantité durant leur période d’autorisation, pour éviter un surplus sur le marché après le délai exigé. Cela permettra à nos petits producteurs d’écouler leur pomme de terre dès l’ouverture de la campagne de commercialisation.

La production de pomme de terre à petite échelle nous fournit des milliers de tonnes : 143 640 tonnes de Pdt brute, (Dapsa, 2022).

Pour l’oignon aussi : 435 000 tonnes en brute, (Dapsa, 2022). Les efforts et prouesses en termes de production datent depuis le régime devancier. Pour le régime en place, l’enjeu est du côté de la conservation des produits et de la limitation par rapport au quota sur l’introduction des produits des agrobusiness sur le marché, en amont de la disponibilité des produits de nos maraîchers.

A protéger !

Pape Adama DIOUF

Ingénieur, doctorant en

sciences agronomiques et

environnementales

Responsable de la cellule de communication du Mouvement National des Jeunes de la République des valeurs