Le vent de la rigueur souffle sur les agences et structures parapubliques du Sénégal ? Faisant suite à ses engagements pris devant l’Assemblée nationale le 21 février dernier, le Premier ministre a dévoilé, en Conseil des ministres, les contours d’un plan de restructuration profond. L’objectif est clair : mettre fin aux chevauchements de missions et optimiser chaque franc Cfa issu des deniers publics. Le diagnostic posé par le Groupe de travail interministériel est sans appel. L’analyse des performances et de l’utilité des structures de l’Etat a conduit à une décision radicale : la suppression de dix-neuf (19) entités. Ces structures représentaient, pour la seule année 2025, une dotation budgétaire de plus de 28 milliards F et une masse salariale annuelle de 9, 2 milliards F pour près de 1000 agents. A cela s’ajoute une dette globale cumulée de 2, 6 milliards F.
En plus de ces suppressions, dix (10) autres entités feront l’objet d’un repositionnement stratégique, incluant une révision de leur cadre juridique et de leur doctrine d’investissement. «Globalement, l’opération se traduirait par une économie budgétaire nette estimée à au moins 55 milliards F Cfa sur les trois prochaines années», a précisé le Premier ministre. Sans citer néanmoins les structures concernées.
Conscient de l’impact humain d’une telle réforme, le chef du gouvernement a tenu à rassurer. Le plan de rationalisation intègre des mesures d’accompagnement social, notamment le redéploiement des personnels vers d’autres secteurs de l’Administration et une gestion rigoureuse des contentieux éventuels. La dévolution du patrimoine des structures supprimées sera également encadrée pour garantir une transition transparente.
Vers une nouvelle culture de la gouvernance
Au-delà des chiffres, c’est un véritable changement de paradigme que prône le Premier ministre. Il a engagé l’ensemble des ministres à se mobiliser pour la réussite de ce plan, qui sera piloté par un futur Comité interministériel. La nouvelle feuille de route pour le secteur parapublic repose désormais sur des piliers stricts : maîtrise des salaires et harmonisation des grilles de rémunération ; contrôle accru et évaluation systématique des performances ; respect rigoureux des normes de création de nouvelles structures.
Enfin, pour garantir la pérennité de ces réformes, le ministre des Finances et du budget a été instruit de doter la Commission d’évaluation des agences d’exécution et le Comité de suivi du secteur parapublic de ressources budgétaires adéquates. La traque au gaspillage est officiellement lancée.
