De l’ombre du banc à la lumière de Tanger, Iliman Ndiaye a prouvé qu’il était bien plus qu’un simple talent : il est l’âme collective des Lions. Décisif face au Mali, le milieu offensif d’Everton a transformé sa frustration passagère en une prestation de haute volée.

Par Woury DIALLO (Envoyé spécial à Tanger) – Dans le football de haut niveau, le talent ne suffit pas ; l’état d’esprit fait souvent la différence. Et à ce jeu-là, Iliman Ndiaye a donné une véritable leçon de professionnalisme hier au Grand Stade de Tanger. Relégué sur le banc lors du huitième de finale contre le Soudan, celui qui était jusqu’alors un pion essentiel du onze de départ aurait pu s’emmurer dans la déception ou la bouderie. Il a choisi la réponse des grands : le travail et l’efficacité.

La culture du sacrifice

Le natif de Rouen a abordé ce quart de finale avec une faim de lion. Loin des ego surdimensionnés, il a accepté la concurrence imposée par Pape Thiaw, se préparant dans le silence pour être prêt le jour J. Ce «bon état d’esprit» qui irrigue la Tanière aujourd’hui trouve en Iliman son meilleur ambassadeur. Aligné d’entrée pour ce derby ouest-africain, il n’a pas seulement joué : il a pesé, harcelé et puni.

Le sens de l’opportunisme

Le destin sourit souvent à ceux qui provoquent la chance. A la 25e minute, alors que la tension était à son comble, Ndiaye a fait preuve d’un flair d’attaquant pur. Profitant d’une intervention mal maîtrisée du portier malien Djigui Diarra, il s’est jeté pour propulser le cuir au fond des filets. Ce premier but dans la compétition est venu récompenser une débauche d’énergie constante et une justesse technique qui a constamment déséquilibré le bloc défensif des Aigles.

Une distinction indiscutable

Au-delà de son but salvateur, c’est son volume de jeu et sa capacité à orienter les offensives sénégalaises qui ont séduit les observateurs. En fin de rencontre, le trophée d’Homme du Match lui a été logiquement décerné. Un titre symbolique pour celui qui a été le véritable moteur des Lions dans les moments de doute.

Iliman Ndiaye ne s’est pas contenté d’offrir le ticket pour les demi-finales à ses coéquipiers ; il a envoyé un message fort à son sélectionneur : sa place est sur le terrain, et son cœur bat au rythme des ambitions du Sénégal.

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