Non, absolument pas ! Puisqu’il est attendu et a été entendu les derniers mots de l’assistance présente et par les leaders à l’unisson, que «le syndicalisme ne périra pas». Et le monde du Travail est fier de la démarche entreprise par le Front syndical de défense du Travail (Fsdt). Celle-ci étant méticuleuse et soigneuse, par une prise de conscience absolue, du fait de la situation du Sénégal, et d’une troisième république qui pédale à reculons. Une situation politique qui met à genoux, et les institutions, et la Cons­titution, et l’économie, et les finances, et la diplomatie et toutes les valeurs y compris.

Alors, qu’attend le monde du Travail de ses leaders ? Certainement une réponse face à l’injustice sociale… et face à une gifle retentissante injustifiée par la modification substantielle d’un projet de code du Travail en violation des dispositions réglementaires en termes de tripartisme. Il en est de même quant aux accords portant sur le Pacte social piétiné par un piètre duo prétendument syndicaliste . Et qu’à l’issue de l’Assemblée générale des délégués du personnel de la région de Dakar et des secrétaires généraux des syndicats de base au plan national, organisée par le Font syndical de défense du Travail le vendredi 3 juillet 2026 : un constat à fait jour. Celui de l’incompétence, de la carence et de la fébrilité d’un Etat qui se dédit.

C’est pourquoi le rendez-vous des travailleurs-syndiqués, encadrés par leurs leaders, sans distinction ni dépendance aucune d’une centrale par rapport à une autre, est le fruit d’une harmonie et d’une unité robuste… d’une unité retrouvée. Cette unité-là et cette solidarité-là marquent l’ultime virage qui mène à une grève générale planifiée de main de maître. Elle résume tout simplement une détermination sans faille et une forte adhésion auprès des idées et des valeurs démocratiques du syndicalisme.

En raison que la riposte du monde du Travail sénégalais va d’une part à l’encontre de l’ancien Premier ministre, acteur de tout ce méli-mélo, qui s’est retrouvé illico et par un tour de prestidigitation président de l’Assemblée national et d’autre part, par le président de la République : gardien de la Constitution.

En raison que le monde du Travail n’est ni fanfaron, ni hâbleur, ni suffisant, ni prétentieux. Il n’abdiquera point. Il est dans une dynamique de riposte organisée, puisque n’étant guère lié par un suzerain, par aucune obligation de foi et d’hommage… et en qui il doit des services personnels. Que donc, les leaders syndicaux ne sont pas des personnes sans aucune valeur morale ou de mauvais sujets. Ils ne sont pas des enfants indisciplinés et discourtois. Non ! Ils sont dignes d’estime sur les plans moral, intellectuel, humain, social et culturel. Ils véhiculent une référence de vérité et de justice sociale.

En raison que les dispositions de l’article 54 de la Convention collective nationale interprofessionnelle du Sénégal du 30 décembre 2019 énonce qu’ «une indemnité de logement peut-être octroyée au travailleur sous forme d’aide à l’acquisition, à la construction de logement ou aux frais de location. Lorsqu’elle est octroyée, cette indemnité varie selon les fonctions et les catégories professionnelles, et les modalités de son attribution sont fixées au sein de l’entreprise». Que sous cette emprise, une grande majorité des travailleurs-salariés en ont bénéficié dans le secteur public, après des accords bien établis. Cependant, elle demeure non appliquée par négligence ou par un désir dominant et par sévérité comportementale d’un pouvoir mécanique, bien en place. Pourtant, il s’agit d’une autorité de la chose jugée, d’une puissance publique.

Attendu du Front syndical de défense du Travail : la retraite à 65 ans ; la réintégration de travailleurs-salariés licenciés injustement ; l’arrêt des recrutements et par une démarche populiste injustifiée dans plusieurs secteurs ; le paiement intégral de la dette due aux entreprises privées ; l’arrêt des surtaxes sur les impôts et les redressements fiscaux ; entre autres. Il en est de même quant aux menaces et aux règlements de comptes.

En raison que les conventions internationales priment sur le Droit national et sont à la charge de l’Etat sénégalais. Sous cet aperçu donc, la C87 Convention sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical comme la C98 Convention sur le droit d’organisation et de négociation collective disposent que «tout membre de l’Organisation internationale du Travail (Oit) pour lequel les présentes conventions sont en vigueur s’engage à donner effet aux dispositions y afférentes». Dès lors, il appert donc que «la lutte contre le besoin doit être menée avec une inlassable énergie au sein de chaque Nation et par un effort international continu et concerté dans lequel les représentants des travailleurs et des employeurs, coopérant sur un pied d’égalité avec ceux des gouvernements, participent à de libres discussions et à des décisions de caractère démocratique en vue de promouvoir le bien commun». Sous ce principe, il demeure inacceptable que l’Etat sénégalais, son gouvernement et l’Assemblée nationale dictent au monde du Travail un projet de code du Travail contraire et en violation des dispositions du Droit international. Et c’est la raison pour laquelle la résolution finale issue de l’Assemblée générale du Front syndical de défense du Travail adopte une résistance ferme par l’annonce d’une grève nationale à la date du vendredi 10 juillet 2026. Un mot d’ordre dont le respect passe par une importante et robuste mobilisation, pour la satisfaction des besoins et des aspirations du monde du Travail.

Ibrahima Khalil MENDY

Sg Syntips/Cnts & President

Du Mouvement Des Permanents Cnts