Le régime anticipe déjà sur l’application des critères ou conditions de concours du Fmi. Les mesures d’austérité (suppression de bourses estudiantine et familiale, la chute drastique des investissements publics, le relèvement du fardeau fiscal, les subventions retirées…) renvoient bel et bien au «Moins d’Etat, Mieux d’Etat» des années d’ajustement structurel. La conditionnalité qu’impose le Fmi consiste à résoudre les problèmes de financement de la balance des paiements, les yeux fermés. La réduction de la pauvreté, il s’en tamponne le coquillard.
En droite ligne avec l’idéologie «fmiste», le régime Pastef opère une fuite en avant, faisant croire que tout se fait souverainement. Une opposition au Fmi, c’est celle contre ses modes de gouvernance en promotion. Autrement, s’objecter par la parole, rien que ça, aux exigences de l’institution, n’est, comme à présent, que de l’enfantillage destiné à endormir la camarilla. A y voir de près, le gouvernement coche un en un les cases connues de la feuille de route de prédilection du Fmi. Faire passer la pression fiscale de 18 à 20% s’inscrit aveuglément dans cette logique.
Nous pouvons penser que les baisses sur les denrées et sur l’énergie battent en brèche l’hypothèse du pareil au même. Pas vraiment ! Les prix des denrées alimentaires dans le monde ont diminué de 2, 1% en 2024 par rapport à l’année précédente, essentiellement du fait de la baisse des cours mondiaux des céréales et du sucre, selon la Fao. Il faut, par ailleurs, dépasser le caractère superficiel des mesures pour identifier réellement ceux qui, en grande partie, supportent lesdites baisses, à savoir les opérateurs économiques. En outre, les effets induits de relèvement de la pression fiscale couvrent largement la part dérisoire supportée par l’Etat.
Au demeurant, il peut nous être rétorqué que le budget des bourses familiales est inscrit en 2026 et que le nombre de bénéficiaires va augmenter. Cependant, la baisse drastique du montant dédié, malgré l’augmentation annoncée des receveurs, laisse vraiment perplexe. De la même manière, la réforme prévue du système de bourses aux étudiants, comportant sans nul doute la diminution considérable du nombre de bénéficiaires, honore la doctrine de l’austérité chère au Fmi et qui soumet les finances publiques à une logique d’entreprise.
Birame Waltako NDIAYE
