Après la décision de la Fédération sénégalaise de football (Fsf) de reporter le démarrage du championnat, la Ligue de football professionnel (Lsfp) n’a pas manqué de faire part de son indignation. Une réponse qui installe un certain malaise au sommet du football sénégalais entre le président de la Fédé, Abdoulaye Fall, et le président de la Ligue Pro, Babacar Ndiaye.
Par Woury DIALLO – La décision prise par le Comité d’urgence de la Fédération sénégalaise de football (Fsf), «à l’unanimité», de faire reporter au samedi 17 octobre le démarrage du championnat professionnel, initialement prévu le samedi 3 octobre, a fini de secouer le football sénégalais. Nullement apprécié par la Ligue sénégalaise de football professionnel (Lsfp), le report risque de polluer l’atmosphère au sommet du football sénégalais et raviver les divergences notées lors des dernières élections.
Respectivement présidents de la Fsf et de la Ligue Pro, Abdoulaye Fall et Babacar Ndiaye occupent des rôles clés dans la gouvernance du football sénégalais. Malgré les divergences nées des dernières élections, la gestion commune du championnat local impose de jouer dans la même équipe pour assurer une bonne marche du football professionnel sénégalais.
Alors que les uns déversent leur colère sur les autres, les deux hommes seraient actuellement avec la sélection A dans le cadre de la trêve internationale. Ce qui n’a pas empêché l’instance fédérale de reporter la date de démarrage de la saison et à la Ligue de dénoncer une telle démarche. Un duel au sommet au moment où le «Sénégal du foot» entame une nouvelle page de son histoire avec l’arrivée du nouveau sélectionneur, Patrick Vieira, et les débuts des éliminatoires de la Can 2027 marqués par un nul contre le Mozambique (1-1) et une victoire face à l’Ethiopie (1-0). Et cela, avant le dernier match amical contre les Comores, le 4 octobre à Marseille.
La réplique de la Ligue Pro installe un certain malaise au sein des deux entités.
«La Ligue sénégalaise de football professionnel (Lsfp) prend acte de la décision du Comité d’urgence de la Fédération sénégalaise de football (Fsf), prise le 29 septembre 2026, de reporter au 17 octobre le démarrage des championnats de Ligue 1 et de Ligue 2, initialement prévu le 3 octobre», a écrit l’équipe de Babacar Ndiaye. Même si la Ligue dit comprendre les impératifs liés aux sélections nationales, elle s’interroge sur la durée de ce report. Selon elle, une reprise dès le 10 octobre aurait été compatible avec les échéances internationales annoncées.
La Ligue, qui a réaffirmé son soutien aux équipes nationales en leur souhaitant plein succès pour leurs prochaines échéances, a tenu à rappeler que «le football professionnel constitue un pilier essentiel du football sénégalais, grâce aux clubs, aux joueurs, aux éducateurs et aux centres de formation qui contribuent quotidiennement aux performances des sélections nationales». Avant de préciser que les clubs, les partenaires, les diffuseurs, les médias et l’ensemble des acteurs du football professionnel étaient déjà mobilisés pour le démarrage de la saison au 3 octobre. Du coup, «ce changement de calendrier entraîne d’importants ajustements sur les plans sportif, organisationnel et économique, notamment dans les engagements pris auprès des partenaires et des supporters».
Autrement dit, la Ligue souhaite une compensation financière auprès de l’instance fédérale.
Pourtant, en août dernier, elle avait salué à sa juste mesure le paiement intégral par la Fédération d’une dette de 121 millions F Cfa due à la Ligue pour permettre à cette dernière de préparer tranquillement le championnat.
Toujours dans son communiqué, la Lsfp souhaite qu’un échange avec la Fédération puisse intervenir rapidement afin d’examiner ensemble les conséquences de ce nouveau calendrier et les ajustements nécessaires. Alors qu’il reviendrait à la Fédé de veiller à la coordination entre le calendrier des compétitions professionnelles locales et les exigences des Equipes nationales.
C’est donc à se demander si les deux entités jouent désormais dans la même équipe. Car, en l’absence de communication, la relation entre les deux parties risque de causer un frein au développement du football local. Alors, messieurs, il est temps de contrôler la balle et de se faire la passe.
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