Romain Saïss est revenu sur l’ultime action de la finale de la Can face au Sénégal (0-1, a.p.). Dans une interview, l’ancien capitaine du Maroc raconte son incompréhension après la tentative manquée de «Panenka» de Brahim Diaz dans le temps additionnel.
Une image qui reste difficile à digérer pour tout un pays. Lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations entre le Maroc et le Sénégal (0-1, a.p), les Lions de l’Atlas ont eu une occasion en or d’arracher le titre dans les toutes dernières secondes. Dans le temps additionnel, Brahim Diaz a obtenu un penalty. Mais après de longues minutes de protestations côté sénégalais, le joueur du Real Madrid a tenté une «Panenka». Une tentative stoppée par le gardien Edouard Mendy, laissant filer une occasion historique pour le Maroc.
Quelques semaines plus tard, Romain Saïss est revenu sur cette action lors d’un entretien accordé à Colinterview. L’ancien capitaine marocain (86 sélections, 3 buts) n’a pas caché sa stupeur sur le moment : «Je me suis dit : «Il n’a pas fait ça quand même !» Je me suis retourné directement, je me suis pris la tête à deux mains et je me suis dit : «Il n’a pas osé faire ça quand même !» Tu peux rater un penalty, en Coupe d’Afrique, en finale, à la fin d’un match, ça nous est arrivé. Achraf, il a raté un penalty à un moment crucial. On est passés à autre chose. Il a tiré, il a essayé, bref. Hakim Ziyech, pareil. Ça fait partie du foot. Mais là, quand il a fait la «Panenka», j’ai dit : «Mais non, tu ne peux pas faire ça maintenant !».»
Dans cette même prise de parole, le défenseur de 35 ans a aussi évoqué le poids du contexte autour de cette finale disputée à domicile : «C’est la dernière seconde, ça fait 50 ans que tu n’as pas gagné une Can, ça fait plus de 20 ans que tu n’avais pas fait une finale, tu es à la maison… Je pensais qu’il allait mettre une praline en plein milieu, merci et au revoir, on soulève le trophée et on rentre chez nous, tout le monde est content et on fait la fête.»
«Je souhaite que ça lui serve pour la suite»
Sorti frustré de la compétition -lui qui n’a disputé que quelques minutes à cause d’une blessure aux ischio-jambiers-, Saïss a également confié avoir ressenti un profond vide après la défaite : «Depuis ce moment-là et jusqu’à aujourd’hui, je me sens vide. Je n’ai pas pleuré de cette défaite. Je n’ai pas eu cette colère où je suis sorti de mes gonds. Je me suis senti vide, c’était un choc, comme un cauchemar.»
L’ancien cadre des Lions de l’Atlas a depuis annoncé la fin de sa carrière internationale, quelques semaines après cette finale perdue. Malgré tout, il assure ne pas en vouloir à son coéquipier : «Il ne peut pas faire exprès, ce sont des conneries de dire ça. Il aurait pu être le héros, mais il a voulu être le super-héros. Ça m’embête pour lui, parce que ça ternit un peu sa compétition. Je souhaite que ça lui serve pour la suite.»
Avec lequipe.fr
