Gianni Infantino a ouvert la porte à des négociations autour d’une éventuelle levée des sanctions contre la Russie dans le football. Le président de la Fifa a jugé l’exclusion de la sélection et des clubs russes contre-productive depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022.

Le mois de février marquera les quatre ans du début d’invasion de l’Ukraine par la Russie. Et si l’Armée russe continue de bombarder et d’occuper une partie du territoire de son voisin, les sportifs russes font petit à petit leur retour dans les compétitions sportives. Si une exclusion généralisée avait été prononcée après l’attaque sur le Donbass, le Cio donnant le ton de sanctions massives, certaines fédérations ont choisi de les lever.

A l’instar du judo ou du taekwondo, la Fifa envisage désormais d’en faire autant. Du moins, Gianni Infantino s’est dit prêt à en discuter lors d’un entretien accordé ce lundi à Sky News : «Nous devons le faire.»

«Davantage de frustration et de haine»

Sans promettre la réintégration de la sélection ou des clubs russes, le président de la Fifa est ouvert à des négociations sur le sujet. Si l’Uefa avait rapidement soutenu l’Ukraine, l’instance internationale lui avait emboîté le pas dès 2022.

Mais, si les clubs russes et Sbornaïa sont toujours exclus des compétitions continentales et internationales, après avoir notamment raté la Coupe du monde 2022 puis l’Euro 2024, Gianni Infantino juge même contre-productive une telle exclusion.

«Cette interdiction n’a rien accompli, elle n’a fait qu’engendrer davantage de frustration et de haine», a ainsi commenté le patron du football mondial. «[…] Permettre à des filles et des garçons russes de jouer au football dans d’autres régions d’Europe serait bénéfique.»

Infantino veut changer les statuts de la Fifa

Exclue des récents éliminatoires pour le Mondial 2026, la Russie ratera sa deuxième Coupe du monde consécutive en raison des sanctions internationales. A en croire Gianni Infantino, il n’appartient pas aux instances du football de choisir un camp en matière de politique internationale. Le président de la Fifa s’est aussi dit favorable à un changement du règlement de l’instance afin de ne plus intervenir sur le plan politique. Et ce, malgré la création d’un prix de la paix de la Fifa dont le premier récipiendaire a été Donald Trump, Président des Etats-Unis et intime du dirigeant suisse.

«Il faut inscrire dans nos statuts le principe selon lequel nous ne devrions jamais interdire à un pays de jouer au football en raison des actes de ses dirigeants politiques», a continué Gianni Infantino. Et de terminer : «Il faut bien que quelqu’un maintienne les liens ouverts.»

En résumé, il est interdit d’interdire de jouer au foot. En ce qui concerne la Russie, et à un moins d’un changement de continent, l’Uefa aura aussi son mot à dire à ce sujet. Mais après avoir été fermée à double tour pendant près de quatre ans, la porte d’une réintégration est désormais ouverte par la Fifa.

Avec Rmcsport