A cet effet, il y a lieu de bien constater que le monde du travail sénégalais vit une situation complexe, après la dernière élection présidentielle et l’émergence d’une troisième Républi­que. En ce sens, le nouveau pouvoir en place avait procédé dès sa prise de fonction, aux états généraux de l’Industrie, du Commerce, des Petites et mo­yennes entreprises à Diam­niadio. Et le but, selon le ministre [à l’époque], était de faire l’évaluation de ce secteur aux multiples facettes, avec des perspectives envisagées dans les années futures. Mais, une économie forte et durable, peut-elle se faire sans le secteur de l’économie informelle ? Et que faut-il concrètement afin de prendre en compte les préoccupations de cette dernière ? Aussi, sont-elles prêtes à en accepter les enjeux et les obligations patronales ?

Cependant, les orientations du premier des ministres font que diplomatiquement, il a créé une cassure brusque avec toutes les entreprises dans le secteur du bâtiment et des médias . Il en était de même avec les investisseurs étrangers potentiels et les grandes puissances européennes, en instaurant une vision sans objectifs concrets, portant sur «une souveraineté», déstabilisant le cours normal des relations de fraternité et de confiance, voire la stabilité d’un pays à l’origine bien assis sur ses deux pieds, avec le pouvoir sortant. En ensevelissant les racines profondes en termes de diplomatie et de relations internationales, il en est de même quant aux démarches institutionnelles, juridictionnelles et constitutionnelles… tentant de se positionner en victime : lui et tout son attelage gouvernemental, politiquement. Rien ne se fait plus de manière professionnelle, de manière humaine et de manière sociale… ne s’appuyant guère sur des valeurs bien sénégalaises : de respect, de fidélité et de loyauté.

En raison donc que l’économie informelle demeure tout un ensemble de diverses activités économiques, d’emplois solides à créer et à valoriser ; et dans le but de sécuriser les travailleurs salariés, dans un tourbillon flou, et que l’Etat n’avait pas pris en compte d’accompagner , de protéger par un contrôle administratif rigoureux, dans le cadre de ses obligations. Que donc, la définition première de l’économie informelle découle de l’inexistence de registre d’employeur, de registre de paie, et l’oubli volontaire de certains employeurs à devoir se formaliser aux règles du jeu administratif… à asseoir et à pérenniser un bilan social annuel.

A cet effet, il y a lieu dès lors que les Etats africains soutiennent le secteur de l’économie informelle, aux fins de pouvoir réduire la pauvreté, le sous-emploi et l’inégalité. Et que pourtant, son activité est jugée illégale ou contraire aux normes établies dans la gestion de bonne gouvernance d’un Etat. Or, présentement : tel est le cas au Sénégal en termes d’octroi des marchés du travail, par des prête-noms, une corruption maladive, une concussion orientée et un partage du gâteau voulu au plus haut sommet des décideurs, aptes à agir pour leur propre compte et au détriment des populations-citoyennes.

Cependant, l’immense majorité de ce milieu du travail tente de donner un sens à leur vie au prix d’énormes difficultés. Plutôt que de travailler dans l’ombre, elle travaille dans les espaces publics, en faisant d’énormes contributions envers les communautés et à l’endroit de l’économie sénégalaise.

Etant entendu que la main-d’œuvre mondiale est devenue informelle, au regard des statistiques et selon l’Organisation internationale du travail ; et que, depuis 2018 : 61% des travailleurs dans le monde gagnent leur vie et s’activent dans l’économie informelle. Et qu’à travers cette illustration incontestable, l’économie informelle joue un important rôle dans le développement économique dans chaque Nation, et fait l’objet de vifs débats.

Sous ce rapport, s’agit-il de réagir par des promesses alambiquées et biscornues, aux fins de faire rêver un monde du travail déjà averti ? Que le projet de protection sociale, longtemps soulevé par l’Ipres/Css à propos de l’économie informelle ne date pas d’aujourd’hui. En ce sens, il ne s’agit uniquement pas de simples «signatures de conventions cadres», mais plus précisément d’actes à viabiliser. C’est cela la réalité , mais point d’actes politiques et à agir contre la morale humaine.

En conclusion, il est question de tenter de formaliser l’économie informelle dans nos réflexions. Une position difficilement applicable ; ou la concevoir dans le système économique de notre développement, avec un accompagnement viable et un encadrement soigneux. Est-ce possible ? C’est là autant de questions qui turlupinent nos esprits vagabonds ?

Autrement dit, comment faire en sorte que l’économie informelle, qui est une activité économique, fasse l’objet d’un regard ou d’une régulation de l’Etat. Elle n’est ni fiscalisée ni déclarée. Le caractère «informel» d’une activité ne doit pas être assimilé automatiquement au fait qu’elle s’exerce de façon «non marchande» (par exemple : le travail au noir est rémunéré) ou de manière «illégale» (puisqu’également, le travail domestique est bien légal).

Dans les économies planifiées, cette économie «intermédiaire» doit pouvoir être largement de mise, dans la mesure où les pratiques qu’elle suppose sont censées contourner ou remédier aux dysfonctionnements (rigidités et pénuries) du système de gestion officiel. Et que l’économie informelle, loin de disparaître, semble jouer le rôle de soupape de sécurité des économies normalisées et être un gage de flexibilité.

Attendu que selon une étude de l’Insee (organisme français), s’il fallait valoriser au prix de marché cette économie familiale, elle représenterait au moins une somme égale aux deux tiers du produit intérieur brut.

Alors, comment sortir de l’économie informelle pour épouser l’économie formelle ? Que représente la peur de la formalisation et de la complexité fiscale qui freinent toute envie des entreprises informelles.

En raison que quitter l’économie informelle est difficile, lorsque toute une administration reste corruptible, dans son exercice comme dans sa pratique. Comment devons-nous faire pour renverser la tendance négative sur l’économie informelle selon un rapport de la Banque mondiale paru en 2021 : «l’économie informelle, qui représente 70% de l’emploi total et un tiers du Pib des pays émergents, a des conséquences fortement négatives sur la croissance et la pauvreté. Elle diminue la capacité à mobiliser les ressources budgétaires nécessaires pour soutenir l’économie en cas de crise, à mener des politiques économiques efficaces et à renforcer le capital humain pour le développement à long terme» Alors, est-ce possible de formaliser l’économie informelle sé­né­galaise ? Ou alors, faut-il en­core rêver avec ce régime actuel ?

Ibrahima Khalil MENDY

SG Syntips et président du Mouvement des permanents Cnts