Le Garde des sceaux, ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, a donné, hier à Dakar, le coup d’envoi du 5e Forum africain sur les entreprises et les droits de l’Homme. Il a annoncé l’imminence de la validation politique du Plan d’action national, dans un contexte où les activités économiques et extractives posent de nouveaux défis sociaux et environnementaux.

Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – Le débat sur la responsabilité des entreprises prend une nouvelle dimension au Sénégal. Avec le développement des activités économiques, notamment dans les secteurs pétrolier et gazier, la question n’est plus seulement celle des investissements et de la création de richesses. Elle concerne également leurs conséquences sur les populations, les territoires et l’environnement. C’est dans ce contexte que Me Moussa Sarr a ouvert, hier à Dakar, la 5e édition du Forum africain sur les entreprises et les droits de l’Homme. Devant les représentants des pouvoirs publics, du secteur privé, de la Société civile et plusieurs partenaires, le ministre de la Justice a annoncé une avancée concernant le Plan d’action national sur les entreprises et les droits de l’Homme.

Elaboré depuis 2023, le document a déjà fait l’objet d’une validation technique en septembre 2025. Il doit désormais franchir le cap de la validation politique. «Ce document est là et fera l’objet prochainement d’une validation politique», a indiqué Me Moussa Sarr. L’objectif est notamment de mieux prévenir les atteintes aux droits humains pouvant résulter des activités économiques et de renforcer les voies de recours pour les personnes ou communautés qui s’estimeraient affectées.

La préparation du plan s’est appuyée sur une démarche impliquant plusieurs catégories d’acteurs : administrations publiques, entreprises, syndicats, organisations de la Société civile, communautés locales et experts. Cette approche doit permettre de mieux prendre en compte les réalités du terrain dans l’encadrement des activités économiques.

Le choix du thème du forum -«Réaliser le droit à un environnement propre, sain et durable grâce à une conduite responsable des entreprises»- traduit précisément cette préoccupation. Pendant trois jours, près de 700 participants vont notamment débattre du devoir de vigilance, de l’accès à l’eau et au foncier, de la justice climatique et de la protection des communautés. Pour le ministre de la Justice, cette réflexion doit aussi dépasser le cadre national. L’Afrique doit pouvoir définir un modèle de développement dans lequel l’exploitation de ses ressources et l’arrivée des investissements s’accompagnent d’exigences en matière de droits humains et de protection de l’environnement. Un enjeu particulièrement sensible pour le Sénégal, désormais engagé dans l’exploitation de ses ressources pétrolières et gazières.

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