Moustapha Touré, commissaire à la Commission de régulation du secteur de l’énergie (Crse), a fait ses adieux à ses collègues régulateurs, lors d’une cérémonie au siège de la Crse, en présence d’anciens présidents de l’institution, de commissaires, parents et amis. A cette occasion, l’expert financier et comptable sénior a appelé à «garder l’indépendance du régulateur du secteur de l’énergie».

Par Dialigué FAYE – Après vingt-deux ans de bons et loyaux services au sein de la Commission de régulation du secteur de l’énergie (Crse), le commissaire Moustapha Touré est admis à faire valoir ses droits à la retraite. Il a fait ses adieux à ses collègues, lors d’un pot organisé au siège de la Crse, en présence d’anciens présidents de l’institution, de parents, amis, commissaires et agents de la Crse. Une commission qu’il a vu naître, grandir et s’affirmer comme un pilier de la gouvernance du secteur énergétique du Sénégal.

Et l’un de ses plus ardents souhaits aujourd’hui, c’est que la Crse continue d’être ce qu’elle est devenue : «Une institution de référence aussi bien qu’au Sénégal, qu’en Afrique ; une institution au service du Sénégal et au service du secteur de l’énergie.» Et de préciser que s’il a un seul conseil à laisser à ses collègues, ce serait de «garder l’indépendance de la Crse. Car l’indépendance est le trésor le plus précieux d’un régulateur».

«Je n’oublie pas que derrière chaque décision que nous avons prise, il y avait des ménages, des entreprises, des investisseurs, des projets concrets, une économie nationale qui attendaient de nous clarté et équité. Cette responsabilité doit continuer à nous habiter nous tous, que ce soit membres du Conseil de régulation, directeurs, cadres, chefs de service, agents de maîtrise, agents d’exécution et tout le personnel», a rappelé le natif de Guinguinéo.

Tous les intervenants qui se sont succédé au parloir ont salué la contribution de M. Touré à la réforme du secteur de l’électricité. «Beaucoup d’entre nous se souviennent du rôle actif du commissaire Touré dans les grands chantiers qui ont marqué la Crse durant ces deux décennies : la modernisation du cadre tarifaire de la Senelec ; les travaux ayant conduit à la séparation comptable des activités de production, de transport et de distribution, une avancée dont le Sénégal a été pionnier en Afrique de l’Ouest ; et plus largement l’accompagnement de la réforme structurelle du secteur de l’énergie dans toutes ses dimensions, technique, économique et institutionnelle. Dans chacune de ces étapes, il a su apporter la sérénité et son expertise technique, notamment financière, et la clairvoyance de son analyse», témoigne le président de la Crse. Et d’ajouter : «Le Commissaire Touré a également été de ceux qui ont participé activement aux travaux d’élargissement des missions et attributions de la Crse. Au secteur de l’électricité, s’ajoutaient désormais le secteur aval des hydrocarbures ainsi que les segments intermédiaires et aval du secteur gazier.

Il a représenté l’institution à de nombreuses rencontres aussi bien au Sénégal qu’à l’étranger, notamment au niveau de l’Autorité de régulation régionale de l’électricité de la Cedeao (Arrec), en tant que président du Comité consultatif des régulateurs régionaux, contribuant ainsi à faire connaître et respecter l’expertise sénégalaise en matière de régulation sur la scène régionale. Ce travail collectif auquel il a pris part avec constance et discernement, a valu à la Crse d’être aujourd’hui reconnue parmi les régulateurs les plus performants du continent.»

Un bâtisseur de réformes

La Secrétaire exécutive de la Crse a embouché la même trompette. «Les expertises financières et comptables du commissaire Touré se sont révélées déterminantes. Il a contribué à asseoir les fondements de la régulation économique du secteur, notamment dans la détermination du taux de rentabilité interne des opérateurs et globalement la rentabilité du secteur de l’électricité. Sa contribution a été aussi déterminante dans les travaux de restructuration de la Senelec débutés en 2008.»

Il repart commissaire d’une commission de régulation du secteur de l’énergie dont la voix compte, dont les décisions pèsent et dont la réputation dépasse nos frontières. Il a eu le privilège d’être le trait d’union entre la Commission de régulation du secteur de l’électricité et la Commission de régulation du secteur de l’énergie. Il a contribué au succès de cette transition institutionnelle.

Aux yeux du personnel de la Crse, les décisions et réformes auxquelles le commissaire a contribué continueront de produire leurs effets bien au-delà de son départ. «C’est le propre des grands serviteurs des institutions. Leurs œuvres leur survivent», a martelé la Secrétaire exécutive Paule Marie Antoinette Sagna Lakh.

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