Dans le cadre de sa Stratégie d’achèvement de l’accès universel à l’électricité (Saaue) 2029, le gouvernement cherche à mobiliser un financement de 400 milliards de francs Cfa pour couvrir les 6471 localités restantes, représentant près d’un million de Sénégalais. Pour cela, une deuxième table ronde des partenaires pour l’accélération de l’accès universel à l’électricité a été tenue hier, sous l’égide du ministère de l’Energie et du pétrole, en partenariat avec le ministère de l’Economie, des finances et du plan.

Par Dialigué FAYE – «Garantir, d’ici à 2029, l’accès à l’électricité à chaque Sénégalais, où qu’il vive sur le territoire national.» Pour atteindre cet objectif, beaucoup d’efforts restent à faire. Il reste «6471 localités à couvrir, représentant près d’un million de Sénégalais. C’est cette dernière étape, décisive, que nous devons dès aujourd’hui, préparer et sécuriser ensemble», a déclaré hier le ministre de l’Energie et du pétrole, à l’occasion de la deuxième édition de la Table ronde des partenaires pour l’accélération de l’accès universel à l’électricité.

Dr Abdourahmane Diouf précise qu’avec «la Stratégie d’achèvement de l’accès universel à l’électricité, le gouvernement dispose désormais d’une feuille de route claire. Cette stratégie identifie les solutions à mettre en œuvre ainsi que les investissements nécessaires pour assurer la couverture des dernières localités. L’effort à consentir reste important : près de 400 milliards de francs Cfa devront être mobilisés pour financer cette dernière phase». «Notre priorité est donc claire et tient en deux actions : achever les projets déjà engagés et mobiliser les investissements nécessaires pour couvrir les besoins qui restent à satisfaire. C’est tout le sens de cette table ronde. Nous sommes réunis pour mobiliser les financements, les partenaires et les capacités nécessaires afin de passer de la planification à la réalisation», a martelé le ministre.

Les partenaires réitèrent leur engagement

Toutefois, des progrès ont été accomplis. «Le taux national d’accès à l’électricité est ainsi passé de 76% en 2019 à 86, 2% en 2024.» Cette progression est, selon Dr Abdourahmane Diouf, «le résultat d’un effort d’investissement considérable». Car, indique-t-il, «au cours des dernières années, 53 projets et programmes, représentant près de 855 milliards de F Cfa, ont été engagés pour étendre l’accès à l’électricité, notamment en milieu rural. Aujourd’hui, près de la moitié des localités du pays sont déjà électrifiées, soit 12 683 localités sur 25 725. Un quart supplémentaire, soit 6571 localités, est couvert par des projets actuellement en cours. Leur achèvement, prévu d’ici 2027, permettra de porter le taux de couverture à près de 95%».

La première Table ronde des partenaires a été tenue en 2021 et avait permis de mobiliser, d’après le ministre de l’Economie, des finances et du plan, «près de 237 milliards de francs Cfa». Cheikh Diba rappelle que «depuis 2018, l’Etat du Sénégal a signé dix-huit conventions de financement dans le secteur de l’énergie, pour un montant de plus de 670 milliards de francs Cfa».

L’ensemble de ces partenaires qui ont accompagné cet effort, notamment la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (Bad), l’Union européenne (Ue), l’Allemagne, la Banque islamique de développement (Bid), entre autres, ont réitéré leur engagement à accompagner le gouvernement du Sénégal pour relever ce défi.

Le privé national appelé à jouer sa partition

Le secteur privé national devrait aussi davantage jouer sa partition. A ce propos, plaide Cheikh Diba : «Le secteur privé a vocation à investir et à exploiter, notamment dans les concessions d’électrification rurale, les mini-réseaux et les systèmes solaires individuels. Le Code de l’électricité de 2021 offre un cadre sectoriel pour cette participation, à travers notamment les concessions, les délégations de service public et les offres d’initiative privée. Il permet ainsi de mobiliser différents schémas contractuels adaptés aux caractéristiques des projets. Le moment est venu de changer de paradigme. La poursuite des investissements dans le secteur de l’énergie pour réaliser l’accès universel à l’électricité nécessitera une meilleure implication du secteur privé, qui doit prendre le relais. Nous avons le cadre juridique ainsi que tous les outils et l’ingénierie requis pour opérer un changement d’échelle.»

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