A seulement 17 ans, le «titi» du Psg a conquis le vestiaire sénégalais par son talent et son humilité. Récit d’une intégration express validée par les plus grands de la «Tanière».
Le football sénégalais a peut-être trouvé son nouvel héritier. Dans l’arène bouillante du Grand Stade de Tanger, alors que les Lions de la Teranga vacillaient face à la Rd Congo, un visage juvénile a changé le cours de l’histoire. Ibrahim Mbaye, 17 printemps, a non seulement apporté l’étincelle nécessaire à l’égalisation, mais il a surtout confirmé qu’il n’était pas là pour apprendre, mais pour agir.
Le baptême du feu : 7 minutes pour convaincre
Pape Thiaw n’a pas hésité. A la 61e minute, alors que Bakambu venait de doucher les espoirs sénégalais, le sélectionneur a lancé son plus jeune atout à la place d’un Ismaïla Sarr en difficulté. Le pari était audacieux, le résultat fut immédiat. Sept minutes plus tard, sur une accélération dévastatrice dont il a le secret, Mbaye provoquait le chaos dans la défense congolaise, forçant l’erreur de Arthur Masuaku pour offrir l’égalisation à Sadio Mané. Un geste de pur ailier, mélange de vitesse brute et de lucidité précoce.
L’onction des «Grands» : de Mané à Koulibaly
Rarement un néophyte aura fait une telle unanimité au sein d’un vestiaire composé de champions d’Afrique. Sadio Mané, d’ordinaire réservé, s’est transformé en parrain protecteur en zone mixte : «A 17 ans, jouer à ce niveau, c’est impressionnant. C’est un joueur exceptionnel. Nous allons tout faire pour le mettre dans le tempo. Comme je l’ai dit, il a un bel avenir devant lui. On va essayer de l’aider, de le mettre dans le tempo pour qu’il puisse nous aider un peu plus, c’est un joueur exceptionnel.» Même son de cloche chez le capitaine Kalidou Koulibaly. L’ancien roc de Naples, qui a vu défiler les prodiges en Europe, ne cache plus son admiration pour celui qui compte déjà un but et deux passes décisives en seulement quatre capes : «Il a fait une grande entrée. Très content de ce qu’il a apporté. On croirait que ça surprend tout le monde, mais je pense que vous le connaissez. C’est un joueur très, très fort. C’est un grand dribbleur, un joueur qui fait partie des grands maintenant, malgré son très jeune âge. (…) Ibrahim est un grand, grand joueur. Je suis content de ce qu’il a apporté.» Il ajoute : «c’est un joueur qui est à l’écoute, qui est très humble. J’espère qu’il fera une grande carrière. Mais en tout cas, la grande carrière, elle commence ici, en Coupe d’Afrique. A l’entraînement, il fait de bonnes choses et inshallah, c’est de bon augure pour le futur», a complété Koulibaly.
L’insouciance au service de la Tanière
Ce qui frappe le plus chez le pensionnaire du Paris Saint-Germain, au-delà de ses statistiques, c’est sa capacité d’adaptation au rude contexte du football africain. Pape Guèye souligne cette «insouciance» salvatrice : «on le voit tous les jours à l’entraînement. C’est un petit qui nous apporte beaucoup. Par son insouciance, il n’a pas peur, il ose. Donc, on est contents. C’est un petit qu’il faut protéger. Il faut le laisser grandir. Et j’espère qu’il va continuer à nous aider», a souligné le joueur de Villarreal.
Cependant, au sein du staff et des cadres, le mot d’ordre reste la protection. Le vestiaire sénégalais semble avoir érigé un rempart autour de sa pépite pour lui éviter le piège de la surexposition médiatique. «A nous de ne pas le brûler, à nous de le protéger, parce que ça parle beaucoup de lui en ce moment», prévient Koulibaly.
Formé à l’école française mais ayant choisi le Sénégal par cœur en novembre dernier, Ibrahim Mbaye coche toutes les cases de la «nouvelle génération» : ailier percutant, capable de jouer sur les deux flancs, humble, à l’écoute et travailleur acharné à l’entraînement, il est décisif dès ses premières apparitions sous le maillot national.
Alors que le Sénégal s’apprête à affronter le Bénin pour sécuriser sa place à Tanger, tous les regards sont désormais tournés vers le numéro 10 de demain.
